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[Futur] "We choosen to believe in each other."

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MessageSujet: [Futur] "We choosen to believe in each other." Mar 21 Mai - 7:44

Petite précision;
Auteure ; Brooke Vaughan ||Hyacinthe Chateaubriand (Spark) ||André L. Russianov (La Bête du Gévaudan)
Époque : Futur
Contexte : Une nouvelle menace plane sur l'humanité. Donc forcément, on dépoussière les vieux dossiers.
Autres choses ? : J'ai écris ça sous le coup de l'inspiration soudaine. C'est imparfait, surement assez mal rédigé et probablement bourré de fautes, ne m’en veuillez pas. Je comprends également que tout le monde n'aime pas mais dans ce cas, merci de ne pas critiquer uniquement pour "casser". Je prends toutes les critiques, du moment qu'elles ont une vocation un tantinet constructives. De même les remarques ou les idées que vous auriez pu avoir pour l'amélioration de cette opus ou une suite sont les bienvenues!
► Librement inspiré de ceci & d'une époque loitaine ( au minima vingt ans ) : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Raison de l'écrit : J'aime a offrir à tout les personnages que je créer une vie d'un bout à l'autre. Quand j'en ai la possibilité, je rédige leur fin ,qu'elle soit applicable, ou non. Ce fut le cas pour Brooke.

Nous étions persuadés d’avoir tout vue ; d’être doté d’une connaissance complète sur les dangers potentiels pouvant nous menacer. Après les aliens Klongs, on ne pensait pas pouvoir connaître pire. Nous avions été enorgueillis par nos victoires et sommes devenus aveugles. Mais franchement, pouvait-on réellement nous blâmer ? Nous n’étions qu’humain, après tout. Enfin, eux, l’étaient. Moi… J’étais simplement moi. J’ai simplement agis comme eux. Sans doute ai-je donc mérité mon sort, en fin de compte. Je ne saurais le dire. Laissez-moi vous compter mes dernières heures dont j’ignorais toute l’importance.

J’étais Brooke. Et voici mon glas.

J’avais déjà quitté mon poste de Légende depuis quelques années maintenant, pour mieux me consacrer à une vie de retraite bien méritée, aux côtés de ma fille et de sa progéniture. Bien entendu, je travaillais toujours avec le Gouvernement, nos relations s’étaient un tantinet améliorées avec le temps ... Mais cela restait occasionnel. Je laissais cet honneur permanent à mon successeur, Victorien, en qui j’avais une confiance aveugle.
La soixantaine presque atteinte, je m’étais retirée de la grande ville pour lui préférer un appartement spacieux, en banlieue. La vie y était appréciable, d’autant plus après tout ce que j’avais traversé avec mes camarades, jeunes et moins jeunes, cela s’entends.

Et puis un jour, j’ai fait l’erreur d’allumer le poste de télévision, ne me doutant pas que j’allais y voir un affreux spectacle. Des bêtes, non des créatures ravageaient les côtes tout le long du flan américain. Après leur passage, il ne restait rien. Absolument rien, si ce n’était les braises incandescentes des incendies qu’elles déclenchaient en masse. Une nouvelle fois au cours de la ma vie, devant ces images, je me suis sentie terriblement impuissante. Mes organes s’étaient raidis face à ces plages maculées de sang et autre produit issu de corps humains. Enfin, plus o moins, pour certains. Ces choses venaient de l’Océan et y retournaient sitôt leurs forfaits commis.

Bien évidemment, j’aurais dû me douter que l’on viendrait me chercher suite à ces bouleversements, d’autant que les catastrophes ne semblaient pas concentrées uniquement vers les Etats-Unis mais menaçaient de s’étendre partout autour du globe. On me fit convoquer chez le Président en personne, avec les autres Légendes, actuelles comme « retraitées ». Un nouveau cauchemar commençait, nous en étions tous persuadés. Mais l’on savait aussi que nous n’avions plus la fougue de nos vingt ans. Il allait donc falloir miser sur d’autres perspectives de batailles que le corps à corps ; du moins pour ceux qui, comme moi, voyait leur carcasse vieillir avec le temps. Je n’avais jamais été une personne taillé pour l’affrontement rapproché, mais le temps n’avait fait que renforcer cette vérité. Je ne pouvais plus manier mes nano-machines avec autant de dextérité et de vélocité. Et il était hors de question que j’impose à quiconque la responsabilité de telles armes. Ce n’est pas de la vantardise ou de l’orgueil – quoi que si, un peu au final...- mais nulle ne pouvait se vanter de connaître Archimède et les nano-tech’ mieux que moi.

C’est alors que le dossier « Gipsy Danger » revint entre mes mains. Oui, je me souvenais parfaitement de ce projet, en parcourant les feuilles contenu dans la pochette, de mes mains ridées. Ce programme était, à la base, destiné à servir contre une éventuelle représailles de la part des Klongs, par le biais de robots démesurément grands, capables de rivaliser avec le poids de leurs vaisseaux de batailles. Il fallut revoir leur utilité, mais la base restait la même. Le Gouvernement américain souhaitait voir cette technologie au point dans les plus brefs délais.

Alors, je me suis associée à tout une ribambelle de soi-disant experts en la manière. Ils n’étaient pas méchants, et leur aide me fut d’une précieuse utilité. Mais j’étais souvent atterrée par la lenteur de leurs réflexions. Passons ce point, je ne suis guère ici pour descendre mes collègues laborantins.

Le projet Gipsy Danger consistait à transférer l’esprit d’une personne, appelée ici « pilote » dans l’enceinte d’une carlingue de métal de deux mille cinq cents tonnes. Le but était de minimiser au plus les dégâts humains tout en pouvant défendre une ligne de front, si infernale puisse-t-elle être. Avec les technologies s‘améliorant sans cesse, nous pouvions réaliser ces prodiges.

… Toutefois, nous n’étions pas encore en mesure de sauver les pauvres malheureux qui voyait leur robot, des Jaeger comme les appelaient les jeunes, détruits par ces créatures. En effet, lorsque l’un de ces engins se retrouvait détruit, la conscience présente à l’intérieur l’était également. Ça revenait à diagnostiquer une mort clinique cérébrale pour les personnes ayant pris place dans les sas de pilotage, à plusieurs kilomètres de là. Si le robot se retrouvait anéanti, il y avait tout de même des victimes, derrière. Moins, certes, mais il y en avait quand même. Nous cherchions une solution à ce problème, mais j’ignore si désormais c’est chose faite. Seul vous pourrez le savoir, sans doute. Je ne suis plus concernée à présent.

Nous avions vaincu les créatures. Ou au moins, nous savions comment les tenir à respectable distance des côtes et des lignes de pêches. Dans la même année, nous avons même réussi à déterminer leur point d’arrivée. Un portail connectant notre monde au leur, au cœur même des abyssales entrailles de l’Océan Pacifique. Il nous fut en revanche impossible de le colmater. Peut-être que ce sera chose faite dans un futur plus ou moins éloigné maintenant, qui peut le dire ? Tout ce que je sais, c’est que ces choses se sont mises à nous craindre d’une part… mais à redoubler leurs attaques de l’autre, car oui, malgré leurs apparences lourdes, elles n’étaient pas dépourvues d’intelligence. Bien au contraire. En ayant compris qu’aucune armée au monde ne pouvait rien faire durablement contre elles, elles se sont dispersées, nous forçant ainsi, à suivre un mouvement qui ne convenait pas toujours au pilotage des Jaeger. Mais nous n’avions pas le choix, le temps de production d’un seul robot s’évaluaient en mois. Ils fallait donc aux pilotes endurance et force pour supporter le rythme qu’imposaient joyeusement ces créatures.

Elles étaient nommées « Kaiju », en référence aux anciens monstres des années cinquante dans le cinéma japonais. On peut dire que sans le savoir, les réalisateurs de ces films étaient des visionnaires. Mais sans doute auraient-ils préférés ne pas l’être, en fin de compte. Aucun pays – du moins côtier- ne fut épargné par ces extra-terrestres pour le moins singuliers. Ils étaient grands comme des immeubles et plus lourds encore que les robots dont je viens de vous parler. C’était tout bonnement des forces de la nature.
Et bien évidemment, le Gouvernement voulu en faire une arme.

Dans le plus grand secret, les agents de cette maudite organisation rassemblèrent des volontaires pour subir des expériences avec l’ADN de ces bêtes, prélevé le plus souvent sur des cadavres. Parmi eux, j’eus la désagréable surprise de trouver Réo, le fils direct d’un autre Klong que je connaissais très bien et d’une petite femme disparue trop tôt. Emiko.

Je ne m’attarderais pas là-dessus, mais à le voir détourner le regard lorsque je l’ai toisé dans la salle ou se regroupait les cobayes, il ne devait pas être très fier non plus. Je savais de source sure qu’il culpabilisait de la disparition de son paternel, jamais revenu de mission quelque temps auparavant. De même, vu le caractère de ce dernier, peu probable qu’un seul de mes conseils eut été suivi par ses soins. J’ai donc tourné les talons et suis repartie sans un mot m’enfermer dans mon atelier, comme je le faisais autrefois

Et comme je m’y étais attendu, l’expérience fut un fiasco. Il fut le seul survivant et encore, s’il n’avait pas été maitrisé à temps à grand renfort de sédatif, il aurait sans doute été fusillé sur place. Je n’ai pas pu intervenir, je n’ai fait que lire les rapports port-expérimentaux par la suite. Il avait abattu sa fiancée, qui faisait partie du groupe scientifique en charge de son dossier. Quelle tristesse. Je retins mes commentaires en revanche, il avait besoin de soutien. Et quand bien même je n’avais guère approuvé ses décisions, il était de mon devoir, en tant qu’ainée, d’essayer de le déculpabiliser au mieux.

Ironiquement, il fut non seulement le seul survivant aux implants aliens annoncés, mais également le plus réussit. Transformé, on n’aurait jamais pu faire la différence entre lui et l’une de ces choses menaçantes. A ceci près que lui devaient les repoussés, non les aider. Plusieurs tests furent effectués en laboratoires avant qu’une mission sur le terrain ne soit officiellement fixée. Le p’tit gars avait dû spleen à revendre. Normalement, je n’aurais jamais dû l’accompagner, mais le pilote du Jaeger principal se blessa en tombant dans les escaliers de sa résidence. Avec les cervicales entourées d’une minerve, impossible de pouvoir piloter, même en étant allongé. Il fallait que le sujet soit en parfaite condition physique car mine de rien, il était en osmose totale avec l’enveloppe de métal formée par le robot.

Finalement, j’ai craqué. Malgré les réticences de ma fille et de mes petits-enfants, j’ai accepté. Réo me faisait trop de peine à se ronger les sangs comme ça, « sans raison », disait les toubibs. Mais moi je comprenais son appréhension. Elle me faisait faire un bon de plus de quarante ans en arrière. C’était étrange, mais pas désagréable plus autant.

J’ai promis à mes descendants de leurs offrir une bonne glace à mon « retour » et j’ai suivi les infirmières jusqu’au sas de transfert, pour mon ultime mission en tant que Légende. C’était comme ça qu’avait été retranscrite ma participation.

C’était la première fois que je pilotais un Jaeger. C’était étrange de se sentir ainsi, à la fois présent et absent. Je parvenais à ressentit chaque membrane de la carlingue technologique comme si c’était mon propre corps. Mon véritable unité était pourtant à des lieux de là, bien à l’abri – en théorie- dans son sarcophage médicalisé. Tout aurait du bien se passé.

Je vis Réo sauter à l’eau depuis un héliportée et ressortir de sous la surface sous les traits d’une créature. Un kaiju nous avait été signalé proche d’ici, alors, une fois mon prototype – que je m’amusais à découvrir comme une enfant émerveillée – lâché dans l’Océan, nous avons pu nous mettre en route. Et notre adversaire ne fut guère difficile à trouver, fort heureusement.

J’avais insisté pour que l’on ne m’escorte pas pour cette mission. Je voulais être seule avec le petit, pour qu’il n’ait pas trop de pression et n’ai pas la sensation de sentir fliqué à droite comme à gauche. J’étais alors persuadé que c’était la meilleure chose à faire.
Je fus d’ailleurs un peu frustrée par notre affrontement car a part pour faire office de soutient rapide, je n’ai pas à intervenir énormément. 4HIT s’en sortais très bien. J’eu même à ce moment-là une pensée pour ses parents.
    « Emiko, Réon… Vous pouvez être fiers de lui. Vraiment. »
Notre Kaiju mis hors course, nous n’avions plus qu’à faire marche arrière, la côte n’étant pas très éloignée. Mon robot actionnait ses longues jambes de métal en direction du port et j’entendais dans la radio du Jaeger les cris d’euphorie des scientifiques et des techniciens. J’étais tellement heureuse moi aussi. La technologie nous sortait encore des ennuis ! Comment aurait-il pu en être autrement ?

Et puis ce fut le trou noir.

Pendant un bref instant, je n’ai pas réalisé ce qui m’était arrivé. Mon Jaeger avait fait un vol plané jusque dans l’intérieur des terres, détruisant nombre de construction. Je n’avais aucune idée de ce qu’il pouvait bien se passer, mais en relevant ma tête artificielle, j’ai vu une créature… non, j’ai vu Réo se jeter sur moi, crocs monstrueux en avant. Dans un premier temps, j’ai instinctivement bloqués ses mâchoires avec ma dextre gauche, mais ce n’était pas suffisant. Je n’ai pas tenu cinq minutes face à lui. A vrai dire, je ne comprenais pas pourquoi les choses prenaient une telle tournure. Tout c’était bien passé pourtant, alors pourquoi il m’attaquait ? J’ai essayé de comprendre et de lui parler, mais rien n’y fit.

Je n’ai pas eu le temps de songé qu’il subissait peut-être l’effet secondaire de sa mutation qu’il soulevait mon Jaeger une nouvelle fois et le lançait aussi aisément que s’il avait s’agit d’un fétu de paille léger. De retour dans l’eau, je n’eus pas l’occasion de me redresser qu’il abattit ses puissantes pattes sur ma carcasse, retourna mon Jaeger et attaqua de ses dents la colonne vertébrale artificielle.

On ne peut pas dire que j’ai eu mal, ce serait mentir. Non, il n’y avait aucune douleur. Mais je sentais que c’était ma fin. Je ne souffris pas, mais j’ai ressentis une pointe de désespoir avant que le programme ne m’annonce les mots suivants, en résonnance de moins en moins audible :
    « Jaeger Four, désactivation. »
Ce jour-là, je suis morte. Ma conscience ne réintégra pas mon corps et fut détruite dans l’explosion du Jaeger. J’étais cliniquement décédée et l’on me débrancha après de vaines tentatives de résurrection. Je n’aurais donc jamais pu dire au revoir à Paige, ma fille, ou honorer la promesse faite à mes petits-enfants. Non. Je n’ai pas vu non plus les larmes de culpabilité du jeune hybride alors que son « oncle », Damian, essayait de le consoler. J’aurais voulu faire de même, mais de là ou je me trouvais, ça s’annonçait compliquer, voire impossible. J’aurais dû être plus prudente. Mon décès n’est dû qu’à ma négligence, j’espère qu’un jour il le comprendra. J’aurais voulu faire plus, pour lui.

Je m’appelais Brooke, et c’est ainsi que j’ai quitté votre monde.



✤✤✤

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MessageSujet: Re: [Futur] "We choosen to believe in each other." Mar 21 Mai - 14:16

Quoi ? Tu meurs pas dans mes bras ?! xD

Non mais c'est super intéressant comme concept, bravo !

✤✤✤

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MessageSujet: Re: [Futur] "We choosen to believe in each other." Jeu 23 Mai - 6:21

Dernier post:
 

Edit: Et voici la seconde partie pour laquelle je remercie énormément Wilhelm puisqu'il l'a grandement inspiré -pour ne pas dire totalement.

Auteure ; Brooke Vaughan ||Hyacinthe Chateaubriand (Spark) ||André L. Russianov (La Bête du Gévaudan)
Époque : Futur
Contexte : Il y a des choses que l'on ne veut pas admettre quand bien même elles sont évidentes. Et quand enfin on ouvre les yeux, ça fait mal.
Raison de l'écrit : Grâce au commentaire précédent de Wilhelm, je me suis rendue compte qu'un autre point de vue que celui de Brooke sur sa fin serait intéressant.
Petite précision : C'est surement aussi imparfait que le premier, mal rédigé et probablement bourré de fautes également. J'ai écris ça sur un coup de tête, pour me défouler aussi. Si jamais l'un des personnages cités ne reflète pas l'idée que s'en font les créateurs dans ce genre de contexte, n'hésitez pas à me le signaler que je change/adapte ce qui coince. Mon intention n'étais en rien de dénaturer vos personnages en tout les cas.
► Pareil que le précédent, si vous avez des idées/suggestions pour l'amélioration de celui-ci ou un prochain, n'hésitez pas à m'en faire part je serait ravie d'avoir vos avis à ce propos.


Il était là, lui le puissant. Il était là, lui l’idole d’autrefois. Il était là, tellement submergé par les évènements récents.

La pièce était baignée dans l’obscurité presque totale. Seules les lueurs bleutées du lit médicalisé parvenait à rompre l’harmonie de noirceur qui s’exaltait pourtant à tout va entre ces quatre murs. Il avait choisi d’éteindre les ampoules. Il ne voulait pas la voir ainsi plus longtemps. Rien que de l’imaginer lui déplaisait. Pourtant, il savait bien… Non, il avait toujours su qu’il faudrait que ça cesse un jour, que tout allait finir par s’arrêter, pour tout le monde. Râ excepté parce qu’il était un Dieu, mais pour les autres, comme lui, comme elle, les « simples » humains, c’était couru d’avance. Pourtant il ne voulait pas s’y résoudre. Ça ne pouvait qu’être une mauvaise farce. Ce n’était qu’un profond sommeil, sans aucun doute possible. Oui, voilà, à ses yeux, c’était ainsi que les choses prenaient formes. La preuve, l’électrocardiogramme dessinait sur l’écran plasma des pics réguliers, au rythme des battements de son cœur. Donc, elle était vivante. Ce n’était pas envisageable autrement.

Et pourtant.

Le dos rivé à la porte, faisant de son mieux pour bloquer l’accès aux autres qui voulait la soustraire à sa vue, il réfléchissait. Ou du moins, il essayait, car c’était ardu de rassembler ses idées dans de telles circonstances. Dernières interventions des Légendes. Tu parles ouai. Il l’avait senti mauvaise dès le départ, cette foutue mission. Et il avait eu raison, encore une fois. Et comme d’habitude, on ne l’avait pas écouté. Voilà ou on en était rendu maintenant, en situation de quasi-crise à cause de l’ignorance d’un avertissement tout ce qu’il y avait de plus fondé puisqu’il venait de lui ! Merde ! Pourquoi personne ne prends jamais le temps de prendre en compte son avis ? C’est de plus en plus le cas, ces temps-ci. Il est déçu. Très, même. Elle le connaissait pourtant très bien – pour ne pas dire « par cœur » - alors pourquoi elle aussi avait refusée de se plier à ses recommandations, cette fois ? Oui, il n’était plus le chef à proprement parlé mais… mais fuck, son instinct était toujours là, lui ! C’était sans doute ce qui se révélait être très frustrant, également.

Un coup derrière la porte se fait entendre, mais il ne réagit pas, tout concentré qu’il est sur ce corps encore chaud, allongé là, à deux mètres de lui à peine. Elle semble dormir. Oui, elle dort, c’est tout. L’homme tente vainement de mettre un peu d’ordre dans ses souvenirs récents. Ou est-ce qu’il était, déjà, quand on lui a annoncé la blague du siècle ?

Ah oui, au Nord du pays. Mission de prévention, il vérifiait, avec l’aide de son ex-apprenti qui aujourd’hui avait pris ses fonctions, si les créatures ne s’était pas trouvé investi de la lubie de remonter les rivières et les grands affluents. Il aurait plus manqué que ça, tient, qu’elles arrivent jusque dans les profondes intérieures des terres. Alors, histoire de donner un coup de main, de se donner constance malgré la retraite, « Strider » s’était appliqué au mieux à honorer sa tâche, oreillettes près des tympans, prêts à en découdre si le besoin s’en faisait sentir. Même si bon, l’âge aussi avait parcouru son chemin, sur sa carcasse également. Comme presque tout le monde, en somme. Il avait presque soixante ans maintenant, il se faisait vieux et force était de constaté que Blast lui succédait à merveille. Il faut dire que son aéromorphie, c’était franchement pratique pour s’infiltrer dans les poumons de ces saloperies et les tuer de l’intérieur. Ils en avaient eu quelque uns comme ça et continuerait surement encore longtemps. Si Brooke les attaquait de l’extérieur, lui et son alliée préférait la voie interne.

Chacun avait sa propre technique, pour dire vrai. Demon par exemple, rassemblait ses forces au mieux pour se muter en bête à son tour et aller leur crever les yeux. Mine de rien, rendus aveugles, ces choses n’étaient plus que des corps malhabiles sur la terre ferme, faciles à maintenir au sol une fois épuisés et désorientés. Mais bon, encore fallait-il y arriver, ce qui n’était pas toujours chose facile malgré tout. Voir même jamais. Surtout depuis que les Kaiju avaient saisi que tout le monde ne pourrait pas leur courir après en même temps si elles se dispersaient. Putain d’intelligence extra-terrestre. Et dire que tout le monde pensait tout savoir sur les aliens, désormais. Comme quoi, on n’a jamais fini d’être surpris. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Difficile à dire. Quoi qu’il en soit, il venait de terminer une patrouille parfaite lorsque résonna une tonalité sonore dans son oreille. Il tapota sur le système de communication mis au point par Robot Rock, espérant une bonne nouvelle. Il souriait, en plus.

Mais tout se figeât, même son sang, lorsque ce fut la voix de Paige épleurée qui répondit à son « Allo la base, de bonnes nouvelles j’espère ! ».
    « Strider… ?
    -Oui… ?
    -Je… Ma mère… elle… »
Il raccrocha, pas besoin d’en savoir plus. Il tendit la main vers sa camarade Mystique.
    « Blast, accroche toi, on rentre en quatrième vitesse ! »
Grace à la puissance des vents qu’il pouvait générer, ils furent rapidement revenu en ville, là où c’était établis le point de départ de la mission. Ils survolèrent une plage, ou un cadavre métallique et désossé était proie des petits flots semblant l’engloutir de plus en plus, par effet d’optique. Et puis en s’enfonçant dans la cité, ils purent voir l’étendue des dégâts, matériels dans un premiers temps. Plusieurs bâtiments menaçaient de s’écrouler suite à des creux profonds creusés dans leurs entrailles. Mais … comment ? C’est la question qui se trouvait posée, alors qu’aucune trace de créatures n’avait été signalée ici. Une erreur de la part de la Tour de contrôle ? Non, impensable, ces gens-là vérifiaient toujours plusieurs fois leurs informations avant de lancer une offensive.

Après avoir slalomé entre les bâtiments, les voici enfin rendus au centre de pilotage des Jaeger. Bon, il fallait trouver Brooke maintenant, et la réconforter. Oui, elle devait surement être quelque part en train de pleurer la perte d’une de ses robots, comme d’habitudes. Oui voilà, c’était comme d’habitude. Et pas autrement.

Il arrive dans un couloir. Lester et les autres sont déjà là. Tout le monde pleure. C’est perturbant, mêmes les successeurs s’y mettent. D’ailleurs, Xia, qui vient de lui emboiter le pas, ne tarde pas à faire de même. Non. Ne pleurez pas. Il ne faut pas. Il n’y a pas de raison. Elle va bien. Elle ne peut qu’aller bien. Ce n’est pas admissible autrement. Elle n’a pas le droit de partir.

Paige arrive et pose une main sur son épaule, en lamentations totales. Son visage est défiguré par les larmes qu’il juge comme n’étant pas les bienvenues, présentement. Elle est plus petite que lui, c’est perturbant, il se revoit des années en arrière. Et puis il se reprend. Il n’y a que le mot « plage » qui revient, entre deux hoquets, lorsqu’il demande ou se trouve son ancienne camarade rousse et le Jaeger de cette dernière. Il comprend, mais refuse de se faire à l’idée. Alors tandis que certains essai de lui transmettre de pathétiques condoléances, lui se dégage de ce noyau trop compact pour être appréciable, ouvre la porte de la chambre sur laquelle est gravé le nom de Brooke, s’y enferme et éteint la lumière.

Le voici, sans un mot prononcé. Il n'ose même pas regarder celle qui l’accompagna dans ses péripéties, aux côtés de leurs autres amis, durant plus de quinze années. Non, ce n’est qu’un mauvais rêve, un cauchemar, il va finir par se réveiller et elle aussi. Pas d’autres options possibles de toute manière, il en a décidé ainsi. Et comme il en a marre que rien ne marche comme il le veut ces derniers temps et bien il a décrété que tout redeviendrait comme avant, lorsqu’il était encore imbu de lui-même et trop sûr de lui. Voilà, tout va fonctionner comme il le souhaite et pas autrement. Ça irait parfaitement comme ça. Pas besoin d’en faire plus. Ils vont bientôt tous se sortir de ce songe au goût amer et tout rentrera dans l’ordre, comme avant. Comme avant. Comme avant.

Finalement, la voix de Lester traverse la plaque de bois.
    « Wilhelm, arrêtes ça. Tu te fais du mal. »
Il hésite à répondre, mais ce ne serait pas digne de lui, de se terrer dans un mutisme profond.
    « Parce que quoi ? Toi tu acceptes ça ? Ça te fait plaisir peut-être ce qui arrive ? »
Il laisse son souffle récupérer un peu avant d’enchaîner, plus généralement.
    « Non mais dites le si vous êtes ravis de la situation surtout hein ! Je vous dirais le fond de ma pensée ap- »
Il n’a pas le temps de terminer sa phrase, commençant à se rendre compte de l’impensable, que la porte lui tombe dessus, les maintiens de cette dernière venant d’être brisés d’un seul coup de pied parfaitement exécuté de manière militaire. Johan. Elle est énervée, ça se lit sur son visage. Malgré son âge quasiment aussi avancé que celui de ses compatriotes, elle a su conserver son caractère, ce tempérament qui la différenciait si bien de la majorité de la population. Elle s’empare de la pièce de mobiliers décharnée et l’envoie dans le couloir, faisant tout de même attention de ne blesser personne, ce serait trop bête d’allonger la liste des victimes. Puis, elle retourne Strider et s’empare de lui par le col, se forçant ainsi à poser un genou à terre.

Ses yeux sont gorgés de cristaux liquides. La douleur se lit explicitement à l’intérieur. L’Européen détourne le regard alors qu’elle entame son sermon.
    « Tu peux répéter ce que tu viens de dire ? Nous ? Ravis de la situation ? Putain, je te savais tête de con avant mais je pensais que tu t’étais calmé sur l’imbécilité… »
Elle prend une première inspiration.
    « Bordel, tu te rends compte de ce que tu dis ? Hein ?... »
Puis une seconde.
    « Est-ce que tu te rends seulement compte Wilhelm, dis-moi… »
Sa voix part en tremolo et tout son corps tremble sous le joug d’une émotion incontrôlable. Enfin, elle prend une dernière inspiration, partant presque dans une démonstration d’hystérie.
    « EST-CE QUE TU TE RENDS SEULEMENT COMPTE DE CE QUE TU DIS ?! RAVIS DE LA MORT DE BROOKE ? MAIS PUTAIN TU TE PRENDS POUR QUI POUR OSER DIRE UNE CHOSE PAREILLE ?! »
Elle stoppe un peu, plusieurs paires d’yeux braqués sur son dos.
    « Regarde là. Regarde là Strider. » Fait-elle en tendant son bras libre vers le lit ou est couché Robot Rock.
Il n’obéit pas. Elle s’énerve, encore une fois.
    « REGARDE LA JE TE DIS ! »
Elle s’empare alors du menton de son homologue et le fait tourner vers l’endroit désiré. Heureusement que Demon sait maintenant contrôler les effets secondaires de sa mutation, depuis le temps.

Voilà, enfin, il réalise. Il ouvre grands les yeux, faisant fi des sanglots qui redoublent dans le couloir proche.

Non… C’est impossible. Non. Pourquoi ?
    « Elle ne…
    -… Reviendra pas. »
Il a compris, maintenant. Ça fait mal, c’est horrible. Il se sent comme brisé en deux, voire plus. C’est douloureux. On dirait qu’on lui jette de l’acide au visage, mais enfaite ce sont simplement ses larmes trop longtemps contenues qui roulent à grands flots sur ses joues. Jusqu’au bout, il aura voulu nier l’évidence et se conforter dans une illusion. Ce n’était pas admissible. C’était son rôle en tant que chef, de devoir les protéger tous et faire en sorte qu’ils rentrent tous sains et saufs à la maison. Oui, c’était, effectivement.

Il se relève péniblement, en titubant, imiter par Johan qui rallume alors la lumière. Les néons su plafonds aveugles tous ceux qui entrent dans la pièce, pour conserver une ultime vision de la rouquine vieillissante. Paige revient. Elle hésite un instant avant de parler, la voix grave et toujours imprécise de temps à autres. Elle croise les bras et ferme les yeux.
    « Tu es le dernier à avoir été prévenu, je ne savais pas comment te l’annoncer. Elle est dans cet état depuis avant-hier soir. Les médecins ont tout tentés pour la ramener mais rien n’y a fait. »
Étrangement, même s’il a envie de lui en décoller une mandale bien sentie, il n’y arrive pas. C’est comme s’il était vidé de toute force. Non, enfaite c’est le cas.
    « Elle est cérébralement décédée. Ils vont la débrancher. »
C’est trop dur à admettre. Il a beau essayer, se dire que c’est la vie, mais non, son raisonnement ne s’imprime pas dans sa boîte crânienne. Plus il fixe le corps inerte mais vivant et plus il s’attend à voir les yeux céruléen de Brooke s’ouvrir, pour finalement déclarer que ce n’était qu’une mauvaise blague, tout ça. Bon, il lui ferait certainement la gueule un moment, mais il serait tellement soulagé d’entendre une chose pareille de sa bouche. Il prit, il espère, il attend, comme en transe. Il ne calcule plus rien autour de lui, plus rien n’existe, ou ne semble exister. Mais non, rien ne vint, si ce n’est deux médecins et leurs aides-infirmières en blouses blanches.

Ils viennent la débrancher.

Non, ils viennent la tuer.

Et Strider ne peut rien faire contre ça. Il se sent impuissant, comme jamais jusque-là il ne l’avait été. Ou plutôt, c’est une forme différente d’impuissance de celle qu’il avait connu jusque-là. Et ce n’est pas plus agréable pour autant, pas du tout, même. Il aurait sans doute préféré affronter Carnage cent fois encore plutôt que de vivre une situation pareille. C’est indescriptible. La peine qui se diffusait à l’intérieur de son corps avait l’effet d’un venin dont il se serait débarrassé avec joie si seulement il l’avait pu.
Sauf que cette fois, il ne pouvait pas.

Oh bien sûr, il voulut protester en voyant les toubibs retirer les perfusions du corps de sa camarade de toujours, mais la main puissante de Lester s’abattant sur son épaule l’en dissuada, finalement. Ça n’aurait fait que remuer le couteau dans la plaie. Il fallait accepter. Même si c’était difficile et compliqué. Surtout, ce n’était pas dans ses priorités, pour le moment.

Paige sortie de la pièce, ne tenant plus. Les hommes en blouses blanches invitèrent ceux qui ne supporteraient pas d’entendre les « bip bip » de l’appareil principal s’arrêter à sortir de la pièce un moment. Seul Strider, demanda, d’une voix presque éteinte, les yeux creux.
    « Je peux… rester ? »
Personne ne s’y opposa, mais les autres préfèrent attendre dans le couloir. Il les rejoindrait après. C’était ce qu’il s’était dit. Oui voilà, s’il se souvenait de ça après, il ferait comme il l’avait imaginé.
Les médecins sortirent à leur tour de la pièce, après avoir ôté le respirateur de Brooke.
    « Éteignez la lumière, s’il vous plaît. »
L’Européen avait demandé cela comme une faveur, mais trop tard, ils ne l’avaient pas entendu en sortant. Tant pis, il ne se sentait pas investi de suffisamment de force pour aller lui-même éteindre. Il y avait plus important à faire, après tout.

Comme de stressants tic-tacs d’horloge, le cœur de Robot Rock donnait encore signe de vie, pour l’instant. Alors, Strider s’assit sur le rebord du lit, prit sa comparse dans ses bras, la relevant ainsi à moitié et la serra contre lui, enfouissant son visage dans ses cheveux ayant perdu de leurs éclat roux d’autrefois. Leur odeur lui rappelait tant de choses. C’était idiot, mais maintenant, il réalisait qu’il aurait peut-être dû accorder plus de temps à ses amis, même après la retraite, qu’il ne l’avait fait jusque-là. La honte se frayait une petite place dans les limbes de sa conscience mais elle n’était pas la plus présente en ce moment. Il se mit à parler.
    « Il parait que tu vas partir, hein Brooke ? »
Sa voix était malhabile et peu assurée, mais il n’en fit pas cas.
    « T’es chiante à toujours me désobéir tu le sais ça ? J’t'avais pourtant dis que t’avais pas le droit. »
Le temps d’une inspiration passa.
    « Ouai, j’sais que ça fait longtemps mais merde, t’aurais pu faire un effort tu crois pas ?... »
Puis une autre.
    « Tu m’soules, tu l’sais ça ? »
C’était faux, aucun des mots n’était pensé avec suffisamment d’ardeur pour que ça paraisse crédible. Mais le désespoir nous fait parfois dire des choses étranges.
    « Je peux faire quoi maintenant pour toi, dis ? T’aider à t’endormir ?... »
Comme si quelqu’un lui avait répondu, dans un monologue presque théâtral, il trouva lui-même résolution à cette question.
    « Bon bah d’accord… J’vais essayer de fredonner si tu veux. Mais faudra pas te plaindre si j'éclate les vitres hein. »
Un peu d’humour l’aida à prendre son courage à deux mains tandis que le moniteur cardiaque s’affolait de plus en plus, signe que e corps détectait que quelque chose n’allait pas. Pressant son front contre celui de Brooke, Wilhelm se mit alors a chantonner doucement cet air qu’elle exécutait si souvent à l’Ocarina, auparavant. Il connaissait l’enchaînement des notes par cœur à force de l'avoir entendu jouer. Certes, il ne jouait pas de l’ocarina, mais n’ayant que ça gorge sous la main, il avait fait avec ce qu’il avait pu trouver, voilà tout. Ça partait d’une bonne intention et il agissait à l’instinct, là, tout de suite.
Heureusement que toute la mélodie n’avait pas un arôme de tristesse, ou il n’aurait probablement pas pu l’exécuter jusqu’à la toute fin.

Les signaux sonores se firent de plus en plus espacés au fur et à mesures que ses larmes, que peu de personnes avaient vu jusque-là, s’écoulaient à grands torrents de ses iris clairs. Il sanglota, d’abord doucement et puis de plus en plus bruyamment. On pouvait l’entendre depuis le couloir, et quelques-uns osèrent jeter un coup d’œil à l’intérieur, profitant qu’il n’y ait plus de porte, sans interrompre Strider dans ses adieux. C’était le genre de choses qui ne se faisait qu’une fois.

Et enfin, sonnant le glas définitif d’une Légende, la ligne permanente se fit voir sur l’écran au-dessus du lit ou était couché l’héroïne. Accompagnée de son petit son strident, elle acheva de plongé Strider dans un état de lamentations rare. Il embrassa le front de son amie avant de caler la tête de cette dernière dans le creux de son épaule et de la bercer, de nouveau.
    « J’suis désolé, mein Freund… »
Wilhelm ne parlait jamais allemand.Il continua à pleurer longuement, avant d’aller rejoindre ses collègues et amis, pour inciser son cœur d’une nouvelle dose de peine. C’est ainsi qu’il ressentit pour la derrière fois, la vie et la chaleur de Brooke entre ses bras.


✤✤✤

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MessageSujet: Re: [Futur] "We choosen to believe in each other." Jeu 23 Mai - 14:54

pika

Quewa.


Quewaaa ? O_ô

QUEWAAAAAAAAA ?

Veux-tu m'épouser ? Sérieux ?

✤✤✤

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MessageSujet: Re: [Futur] "We choosen to believe in each other." Ven 24 Mai - 3:13

Hm. Que dire. J'vais pleurer ? T'avais pas le droit de la tuer, fuck, t'avais pas le droit ! J'me sens comme Strider, là, et c'est pas cool. Et puis t'écris tellement bien ce genre de chose, aussi. On a toujours l'impression d'y être, juste à côté, et c'est d'autant plus horrible qu'on peut rien faire. M'enfin. C'est beau ? D'une horrible beauté, je dirais. T'as le don de me faire ressentir de ces trucs à chaque fois que je lis quelque chose qui vient de toi.

...

Je veux une suite 8D /meurt
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MessageSujet: Re: [Futur] "We choosen to believe in each other." Ven 24 Mai - 5:08

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Centre de pilotage de Jaeger ▬ 22h30

Les bruissements des multiples documents mal rangés dans les pochettes colorées montaient de plus en plus, à mesure que le début de la réunion de « crise » approchait à grand pas. Une jeune fille d’une quinzaine d’année se glissa discrètement entre les murs de verres de cette pièce particulière. Ses cheveux clairs, qui d’ordinaire parvenaient à la faire remarquer n’importe où, n’éveillaient cette fois l’attention de personne. Peut-être parce que pour cette occasion, le sujet de ce regroupement était très sérieux et qu’aucune des âmes ici présentes n’avaient le droit de céder à une distraction, si innocente soit-elle. Aussi, l’ingénue eut tout loisir de pouvoir se cacher derrière un bureau pendant que les adultes se trouvaient tous debout, au milieu de la salle, les yeux cernés et rivés –cela se distinguait même sur les porteurs de lunettes, c’est dire - sur l’écran tactile immense qui s’étendait sur un mur entier des lieux. La technologie n’avait eu de cesse de s’améliorer ces dernières années.

Enfin, retenant au mieux son souffle et serrant son ombrelle – unique souvenir qu’elle possédait encore de sa mère- contre elle, l’adolescente fit de son mieux pour être discrète. Elle avait une bonne vue, ce qui lui permettait d’apercevoir tous les détails projetés par des transparents sur l’écran fictif. Il lui tardait de savoir ce que les unités de désossage avaient extraient du Jaeger de « Madame » Brooke, comme elle l’appelait autrefois lorsqu’elle était ... encore là. Ce n’était pas juste. Elle ne pouvait pas partir, elle. Sa fille, Paige, et ses petits-enfants – qui comptaient parmi les meilleurs amis de notre actuel protagoniste – ne cessaient de pleurer toutes les larmes de leurs corps depuis.

Ca faisait une semaine maintenant. Ce que le temps passe vite. Sans doute bien trop au gout de l’hybride dont il est ici question. Elle aussi, avait beaucoup pleuré, mais elle s’efforçait d’intérioriser au mieux maintenant. Il fallait agir, même si le « comment » n’était encore point définit. Mais elle en avait la possibilité, il ne fallait donc pas qu’elle craque, tout comme son frère qui demeurait inconsolable depuis l’incident. En même temps… Dans les faits, il avait assassiné celle qui leur apportait un peu de chaleur maternelle depuis la disparition de leurs deux parents. C’avait beau être son ainé, elle lui en voulait beaucoup et ne tenait pas à lui adresser la parole jusqu’à nouvel ordre.

C’avait été plus fort qu’elle. Il fallait qu’elle remue le couteau dans la plaie et qu’elle sache ce qui s’était passé, d’une façon détaillée. Ou plutôt, sa curiosité la poussait à toujours en vouloir davantage. Elle était ainsi, a toujours vouloir être la première au courant de tout, et cetera. C’était encore plus véridique depuis que son père et sa mère ne donnait plus signe de vie à quiconque. Son sœur rata un battement. Non, ne pas pensez à eux. Pas maintenant. Même si, lorsqu’elle voyait le doux visage de sa mère, elle ne pouvait s’empêcher de culpabiliser grandement, Ada secoua la tête pour mieux se reconcentrer sur son objectif premier. Madame Brooke. Elle se devait d’être organisée et de mettre en ordre ses idées pour retirer le plus de choses utiles possible de cette ambiance mortuaire et déplaisante.

Enfin, le meneur de la réunion prit la parole. Elle ne l’avait jamais vu auparavant et ça ne la chagrinait même pas, tout ce qui lui importait était ce que cet individu allait déblatérer au sujet des images extraites de la carcasse de métal du Jaeger de Robot Rock.
    « Comme vous le savez, c’est une explosion qui a eu raison du Jaeger Four. Avec les images du système que nous allons projeter maintenant sur cet écran, nous allons tenter de trouver la faille qui donnât naissance à l’explosion et tâcher d’y remédier pour …. Les missions futures. »
Oui. Oui. Oui. Parle. Ça m’intéresse, pensait l’adolescente. C’était presque malsain comme curiosité mais elle n’aurait su réprimer cette envie de savoir. Peut-être aurait-elle du, finalement.

Après quelques secondes d’attentes qui lui parurent interminables, les premières images, assorties à l’heure de capture par les caméras internes du robot se diffusèrent enfin sur la surface plane du mur. Tel un commentateur sportif qui se serait trompé d’emploi, le chef de groupe émet hypothèses et théories tout du long ou l’on ne voit que du vide immobile au centre du Jaeger. La 4HIT le savait, au fond d’elle-même, une petite voix lui murmurait que ça ne servait à rien d’être ici, qu’elle ne serait pas plus avancée sur les causes de l’incident qu’ailleurs. Pourtant, la volonté de mener sa propre enquête, seule, malgré les interdits qu’on lui posait, l’emportait sur tout. L’adolescente se sentait investie d’une sorte de mission fictive dont elle seule connaissait les tenants et les aboutissants. Il fallait qu’elle trouve une solution à tout ce bordel. Mine de rien, malgré ses quinze années à peine, elle était déjà très débrouillarde. En même temps, la vie n’avait rien fait pour l’en empêcher. Il fallait rester cohérent ; lorsque successivement votre père puis votre mère disparaissent, un voile de mystère nacrant leur manque à l’appel, il y avait de quoi s’endurcir… et se remettre en question, aussi. Peut-être même trop, dans certain cas. Ada ne pouvait s’arrêter d’y penser, bien qu’elle s’était promit de rester forte. Ses yeux ne suivaient plus qu’à moitié les archives vidéos qui tressautaient parfois, en raison des dégâts subis par la boîte noir du monstre de métal.

Et puis il y a eu cette ombre. Son attention fut immédiatement regagner la seconde suivante.

C’était quoi, ça ? On aurait dit une silhouette humaine, mais entièrement recouverte d’un long manteau noir, le tout surmonté d’une capuche sans doute trop grande pour celui –ou celle- qui l’a portait alors. Bordel. Bordel. Bordel. Quand est-ce que cette chose était monté à l’intérieur du Jaeger ?! Elle n’y était pas, au moment du démarrage pourtant ! Et puis… Merde, par ou est-elle entré ?! Il n’y a pas de fissures sur les machines ou d’interstices suffisamment larges pour contenir un être humain alors…

La demoiselle, cachée illicitement, laisse ses penser aller à mille à l’heure. L’étrange nouveauté, qui suscite bien des réactions chez le adultes de la pièce qui découvrent les images tous en même temps, semble alors plonger sa main dans l’une des poches de cette grande tenue aux allures funestes. Et effectivement. Sans doute l’habit ne fait pas toujours le moine, mais pour le cas présent, c’était plus que vrai. Se postant juste en dessous du cœur bionique de la machine, la silhouette y dépose une sorte de boitier sombre et y laisse glisser ses doigts un instant, de façon fugace et répétitive, comme si elle tapait une sorte de code.

Puis, tout se renverse. L’heure affichée sur la barre en haut à gauche de la vidéo coïncide avec le premier choc entre le Jaeger Four et Réo, sous sa forme mutante. A ce moment-là, il devenait d’envoyer la construction bionique à travers la ville, férocement. Bien entendu, l’âme squatteuse, qui se trouvait clandestinement à l’intérieur même du bolide de combat, se retrouva elle aussi secouer, par la même occasion. Le choc contre les parois internes de la bête de métal fut si imprévu d’ailleurs que la capuche vira en arrière, découvrant ainsi le visage de ce visiteur mystère.

Et là, le cœur d’Ada rata un battement.

A l’unisson avec toutes les personnes ici présentes, elle ouvrit grand ses yeux, sous le choc. Oh, non, elle ne pleurerait pas, ayant dépassé ce stade précaire depuis longtemps mais… Elle se sentait pour le moins étrange. Sur le mur s’affichait maintenant une chevelure blanche comme la neige, encadrant un visage marqué par les années de services, lui-même porteur d’une cicatrice pour le moins particulière. Elle ne pouvait y croire, mais elle dû bien se faire une raison. Cet « homme », ce n’était pas n’importe qui. Il s’agissait de Réon 4HIT. Et c’était son père.

L’instant suivant, il disparait de l’écran, sans plus d’explication qu’avant son arrivée. Puis, après une poignée de minutes, une explosion. Celle qui a tué Robot Rock. L’épicentre se trouvait sous le réceptacle énergétique du Jaeger, à l’endroit même où il avait déposé cette bizarrerie, qui maintenant n’en était plus une. Une bombe. C’était une putain de bombe qu’il l’avait placé de telle manière à ce que ça tue assurément sa camarade. La jeune fille eut des hauts le cœur, soudainement. Non, elle devait rester discrète. C’était dur. Surtout lorsqu’elle entendit les commentaires acides des participants officielles à la réunion qu’elle avait infiltré alors qu’on le lui avait de base, interdit.
    « Robot Rock n’est donc pas décédée de négligence ou de dysfonctionnement de la mutation du sujet en étude… Elle a été assassinée à la bombe. »
Un frisson parcouru l’échine d’Ada alors quelle resserrait sa prise sur son ombrelle, ramenant ses genoux contre elle. Plus aucune utilité à scruter l’écran, ça ne lui apporterait rien de plus à part des envies de meurtres toujours plus grandes. Bordel, pourquoi fallait-il que sa lignée fasse autant de dégâts tout autour d’elle ? Pourquoi ? Ce n’était pas nouveau, pourtant. Mais avec ce qu’elle venait de voir, qui s’ajoutait à son auto-ressentiment envers sa propre personne qui se sentait responsable de la disparition de sa douce mère, elle n’arrivait plus à pardonner. Ou plutôt, elle n’arrivait plus à se pardonner. Toute la nuance était là.

Elle reste bien cachée sous le bureau tandis que les hommes qui constituaient le corps de la réunion sortent, les uns après les autres. Elle a besoin de réfléchir. Elle s’en veut, même si ce n’est pas de sa faute.

Sa tête vient s’enfouir dans le creux de ses bras, ramenés sur ses genoux maintenant proches de sa poitrine. Ça fait mal. Putain, c’est pas juste. Pourquoi elle ? Pourquoi eux ? Qu’est-ce qu’ils ont fait pour en arriver là ? Merde. Elle rage conte sa lignée entière. Non, surtout contre son père, enfaite. S’il n’avait pas été là depuis le début, tout ça ne serait jamais arrivé et ses jeunes amis auraient encore leur grand-mère auprès d’eux, pour ne citer que ces âmes-ci. Des larmes amères roulent avec difficulté le long de ses pommettes tandis qu’elle essaie de mettre sur pieds un plan pour tout remettre en ordre. Tout.

Depuis le départ. L’orgueil empêche sa tristesse de clairement s’exprimer, mais ce n’est pas grave, si ça doit pourrir en interne et bien ça pourrira. Elle n’est plus à ça prés, maintenant.

Passant maladroitement la manche de son haut sur ses paupières pour en sécher les cristaux déjà tombés, notre protagoniste jette un œil prudent hors de sa cachette, pour voir si personne ne risque de la remarquer. Apparemment non. Tant mieux. Aussi, se redressant du mieux qu’elle le peut, elle s’extraie de ce meuble et se glisse à pas de loup jusqu’à la porte, en prenant soin d’atteindre que les caméras de sécurité tournent de manière à ce qu’elle n’apparaisse pas à l’écran. Elle se ferait encore sermonner par son « oncle » si ça devait arriver, et elle en a assez d’être prise pour une simple gosse. Même si dans le fond, c’est bien ce qu’elle est. Passons. Sortie de la salle de réunion, encore un peu secouer, Ada marche dans une direction aléatoire, ne prêtant pas vraiment attention à ce qui l’entoure. Une seule idée, qui ne cesse de tourner en boucle dans sa tête, y prenant une importance toujours plus grande, parvient à accaparer toutes ses pensées. Elle doit tuer son père. Ainsi, tout ira mieux. Et rien de ce qu’il a fait n’existera. Pas même elle. C’est d’autant plus bénéfique pour tout le monde, ainsi.

Elle croise sans le voir, parmi toute la petite foule de ces longs couloirs un individu pour le moins mystérieux. Mais elle n’y prête pas attention, disparaissant au bout du couloir le plus proche, la perspective de concrétiser son plan de plus en plus forte.

Il marche d’un pas détendu, bien que ses yeux soit alertes au possible. Toutefois, il ne laisse rien paraître, c’est un professionnel. Même sa tenue n’aurait su le distinguer, ici. Il cherche quelque chose de bien particulier et ne s’arrêtera pas d’écumer ce bâtiment avant de l’avoir trouvé. La rage lui brulerait presque les organes si c’était possible. Mais non, malgré son énervement, il se contient, préférant se dire qu’imploser ici et maintenant n’arrangera en rien ses affaires. Il faut qu’il joue tout en finesse ; ils restent méfiants vis-à-vis de lui et ça, il le sait parfaitement. Et si jusque-là il ne s’en était pas formalisé, pour son projet immédiat, c’était une compromission qu’il ne pouvait accepter. Il avait eu au cours de sa vie bien trop de bâton dans les roues pour accepter une chose pareille encore une fois. Surtout pas maintenant.

Il passe près d’un grand écran plasma rivé au mur du couloir et s’y arrête y instant. La journaliste Zoey Williams y apparait, malgré ses années prises sur le visage. Elle fait un speech hypocrite au possible, se disant navrée de la disparition de Robot Rock. Mais ça, c’était très certainement le discours qu’on lui avait ordonné de réciter, juste pour que la chaine l’employant n’ait pas à subir de mauvaises retombées. Et puis elle enchaine sur son propre point de vue. Là, on la reconnait bien ; foutue vipère qu’elle est. Voici qu’elle énumère tous les crimes et mauvaises choses dont elle accuse la défunte. Bordel, déjà une semaine et ça a commencé à filtrer un peu partout parmi les médias de masse. L’homme sourie narquoisement. Il retient ses insultes, ce n’est pas comme si le poste de télévision haute définition aurait été capable de transmettre son venin à cette donzelle, même si l’envie ne lui manque pas.

Il continu de traverser le couloir, blouse blanche sur le dos et allure scientifique pour l’entourer et ainsi mieux ourler son rôle qui pour le moment, lui va comme un gant.
Et enfin, la chance lui sourit. Il était temps. En face de lui, dans la direction opposée se dirige une jeune personne, elle aussi vêtue de ce vêtement blanc. Dans les mains de cette dernière, un cartons de bureau sur lequel on pouvait lire « Effets personnels de Robot Rock ». Elle va surement les remettre à sa fille et au reste de l’hypothétique famille qu’elle avait sur chérir jusque-là. Sauf que non, lui en a décidé autrement. Pour l’un des objets, tout du moins.

Parfait acteur, il fait mine d’être concentré un instant sur quelque chose d’aléatoire et dans un mouvement parfaitement contrôlé – bien que l’on eut pu jurer le contraire- et occasionne une chute à la demoiselle, qui échappe le carton sur le sol, laissant ainsi son contenu s’y déverser, en fouillis général.
    « Toutes mes excuses mademoiselle ! Je suis vraiment confus, vous allez bien ? Attendez, je vais vous aider. »
Il enchaîne sa tirade de manière à ce qu’elle ne se pose pas de question. Leurs yeux se percutent. Parfait. Elle rougit. Encore mieux. Il remet consciencieusement la plupart des objets technologiques jonchant le sol dans le carton et le rends à la jeune femme tout en lui souriant. S’en suit un court dialogue.
    « Euh… Je … merci… articule difficilement la scientifique
    -Je vous en prie, ce n’était rien.
    -Vous êtes ?
    -Tobias Bismarck.
    -Oh, vous êtes le nouveau prix Nobel tout juste arrivé d’Europe ?! lui demandât-elle, des étoiles plein les yeux.
    -Euh.. Oui, voilà, c’est ça.
    -Pourrais-je vous poser quelques questions un peu plus tard s’il vous plait ?
    -Mais, très certainement ! En revanche je dois partir présentement, je vous dis donc à la prochaine !
    -Oh, oui… Au revoir ! » Fit-elle, le visage écarlate.
Maintenant, l’homme pressa le pas, en direction de la sortie. Il ne fallait pas qu’il se fasse attraper maintenant, c’aurait été trop bête. Prix Nobel européen. Laughing out loud. Il avait juste barboté cette blouse dans le local adéquat, rien de plus. Ça se saurait s’il avait décroché ne serait-ce qu’un seul diplôme au cours de sa vie. Quelle blague. Mais là n’est pas la question.

Ses pas le guident jusqu’à une petite porte de service, normalement utilisée uniquement par les techniciens de surfaces. Pas grave, ça lui permet de disparaitre plus aisément. Et c’est justement ce qui lui fallait. Des insultes à l’égard de Robot Rock fusent à l’intérieur de son crâne. Elle n’avait pas le droit. Quelque part d’ailleurs, il ne veut pas l’accepter. Il n’y arrive pas. La vérité lui échappe très certainement, il le sait mais il ne veut pas chercher à lutter contre ses envies présentes. Il y a plus important. Il finira par lever le voile qu’on lui impose et trouver lui-même l’absence de mensonge dans toute cette sombre affaire.

Es escaliers de service passés, il s’éloigne de quelques rues, sous la pluie battante, prenant soin de jeter sa blouse dans une benne à ordure toute proche. Brouiller les pistes, c’est le plus important. Il n’omet pas, cependant, de conserver son larcin au creux de sa dextre droite, tout en enfouissant ses deux mains dans les poches de son pantalon, comme si de rien n’était. Oui, d’ailleurs, à le voir déambuler ainsi, on aurait jamais pu penser qu’il venait de commettre un crime fédéral. C’est comme ça. Il ne changerait plus, maintenant.

Éloigné d’une distance qu’il jugeait convenable du bâtiment de pilotage, il se cale sur les murs d’une ruelle vide de vie jusqu’à présent, sort discrètement son butin de sa poche et l’observe un moment, cherchant à le faire fonctionner. Finalement, il l’entoure autour de son poignet, comme s’il s’agissait d’une montre mais... en plus imposant, cela dit. Quoi que. Bref. Il appui sur à peu près tous les boutons de l’engin, cherchant à en tirer au moins une étincelle mais n’y parvient pas. Il grogne. La technologie… sitôt qu’il a l’impression fondée qu’elle se fout de sa gueule, il ne peut plus la blairer. C’était ainsi depuis toujours. Alors, il se met à râler à voix haute, comme si cette chose bourrée de fils et de branchements pouvait lui répondre. Et finalement…
    « Bordel mais tu vas t’allumer oui ?!
    -Il suffisait de demander. Répond alors une voix d’homme largement adulte.
    -Ah putain ! Mais tu m’as fait peur sinistre crétin !
    -Oh tiens, Monsieur Holmes, longtemps que je ne vous avais plus revu. Je me sentais presque en vacances.
    -Ouai ouai c’est ça pixels de mes deux.
    -Je suppose que vous ne m’avez pas dérobé au centre pour rien, n’est-il pas ?
    -Tu a tout vu ?
    -Évidemment, j’ai été programmé pour ne jamais être surpris par quiconque.
    -Bah alors pourquoi tu n’as rien dit ?
    -Enlevez-donc cet air ahuri de votre visage Monsieur, je vous sais suffisamment intelligent pour comprendre que nous sommes apparemment motivés par le même but, actuellement.
    -Non, sans déconner, une machine peut avoir un objectif ?
    -Intelligence artificielle je vous prie. Et pour répondre à votre imbécile question, qui n’a d’égal que le creux de votre crâne, eh bien oui.
    -Je rêve ou tu viens de me vanner ?
    -A vous de me le dire.
    -Tu me soules déjà toi.
    -C’est réciproque rassurez-vous.
    -.. Bref ! Évitons de faire en sorte que je te balance aux ordures hein. Concrètement est-ce que tu peux faire quelque chose pour moi et mon enquête sur Brooke ? Je suis sûr qu’il ne s’agit pas d’un bête accident.
    -Elle vous aurait très certainement dit que vous regardez trop de polars, Monsieur.
    -Oui, je sais, mais elle n’est plus … là. Donc, est-ce que oui ou non ça valait le coup que je risque un mandat d’arrêt sur le coin de ma gueule pour venir te récupérer ? »
Le silence lui répondit simplement. Il tenta d’avoir une réponse à plusieurs reprises, mais rien n’y fit. Il se demanda même s’il n’avait pas juste réussi à vexer la bestiole virtuelle.

L’eau commençait à détremper son jean malgré qu’il se soit abrité sous un escalier métallique miteux. Dix minutes passèrent ainsi. Il commença à perdre espoir, lui aussi. Ou plutôt, reformulons pour que cela paraisse pus cohérent, il perdait foi en ses récentes actions. Il avait donc fait tout ça pour rien ? Bordel… Et dire que pendant un temps il avait pensé pouvoir faire quelque chose de bien, pour une fois dans sa misérable vie. Addie allait encore l’enguirlander, tiens. Mais bon, pour une fois, il ne pourrait pas lui en vouloir. Elle aurait probablement raison.

Soupirant lourdement, il n’eut même pas le courage d’ôter l’ordinateur de la base de sa main. Sortant de son hypothétique cachette, il se rendit sans résistance aux gouttes de pluie, plus lourdes qu’à l’ordinaire semblerait-il. Fuck. Il rageait en interne. Il ne pouvait donc rien faire pour au moins essayer de réparer ce préjudice envers elle ? Ça l’énervait tellement que … Oh. Il se stoppa net, mi- effrayé mi- intrigué par ce qui se tenait devant lui. En effet, il ne les avait pas entendus venir, mais se tenait maintenant à deux mètres de lui à peine des créatures métalliques à la forme de dinosaures. Des raptors. Oui, il se souvenait que Brooke en avait conçu ! Toutefois, il ne les avait jamais vu de près alors comment être certain qu’il s’agissait bien des siens ?

Une voix ressurgit des profondeurs du silence rendu houleux par l’averse.
    « Voici R7 et R15. Ce sont les deux robots les plus proches d’ici que j’ai pu faire venir.
    -Que… Hein ?! Tu contrôle ces choses ?!
    -Évidemment. Je peux en amener d’autres si vous le souhaitez.
    -Pour le moment deux suffiront. Je ne te savais pas coopératif, ça te change Archi’, c’est plaisant, même.
    -Je pourrais en dire autant de vous, Monsieur.
    -Ta gueule.
    -Je vous rends la politesse par trois fois, soyez en assuré.
    -Bon, on commence cette enquête ?
    -Je suis en ce moment même en train de tenter une connexion au serveur centrale des organisations impliquées dans le programme Jaeger, Monsieur.
    -Parfait, allons-y. »
Il disparut ainsi dans les vapeurs montantes du bitume de cette ville aux peintures écaillées. Il allait aider à la venger. Qu’importe le temps de ça lui prendrait. Même s’il ne l’avouerait jamais. Fallait pas déconner, il avait sa fierté, tout de même.

Bien loin de là – ou plutôt, de retour entre les murs des locaux que nous avions quitté avec les pas de cet individu haut en couleur – des sanglots sont perceptibles. Ils proviennent d’une porte, dernier rempart d’une chambre d’examen. Derrière cette plaque de bois se trouve un jeune homme, en larmes. Attaché à son lit par de solides maintiens, il ne peut s’empêcher de verser toutes les larmes de son corps. Depuis une semaine, très exactement.

A ces côtés, un autre homme, plus âgé – cela se voyait sans mal – essaie tant bien que mal de lui retirer cette culpabilité qui le ronge. Mais c’est un échec à chaque fois. Il n’a pas prononcé une parole depuis son retour à la base, dès qu’il fut maîtrisé. Lui n’est pas au courant des images récentes que sa « nièce », Ada, a eu l’occasion de visionner. C’était sans doute mieux ainsi. Pour le moment, du moins. Même si ça aurait sans doute ôter un poids de la conscience de l’hybride. Passons. Pour l’instant, il est bien trop aux prises avec l’envie de mourir de Réo pour pouvoir s’occuper d’autre chose. Lui aussi, a eu mal. Comme rarement ce fut le cas au cours de son existence. Il avait perdu durant cette mission une figure maternelle. Et ça, il ne le pardonnait pas. Foutus Kaiju. Si seulement il pouvait agir. Si seulement… Si…

Le manieur de lumière eut alors une idée folle, mais se retiens de la partager avec son cadet. Il ne veut pas remuer le couteau dans la plaie, mais ça lui fait mal de le sentir comme ça. C’est incisif. La seule chose qu’il peut faire, c’est tenir la main de son protégé avec le plus de délicatesse possible, pour lui signifier qu’il n’est pas seul, malgré les apparences. Quelle cruauté de l’avoir ainsi ligoté à son lit pour ne pas qu’il bouge. Comment pouvait-on lui affirmer qu’il n’était pas un monstre sanguinaire en voyant ce genre de chose ? Il était encore plus mal traité qu’un animal ; du moins c’est ainsi que le ressentait son tuteur actuel.

L’épuisement fini par l’escorter jusque dans les bras du délicieux Morphé, comme toujours. C’est comme ça depuis qu’on l’a rapatrié ici. C’est pénible mais pour l’heure, le Gouvernement refuse de lui accorder des libertés, car « trop dangereux ». Bandes de bâtards pense alors l’américain. C’est eux qui ont changé ce pauvre adolescent en monstre en profitant de sa faiblesse et de sa culpabilité vis-à-vis de la disparition de ses deux parents et maintenant ce serait de sa faute ? Putain, bandes d’hypocrites qu’ils étaient et seront surement encore longtemps. L’énervement est à son paroxysme entre les entrailles du brun vieillissant, devenant presque douloureux. Ses yeux bleus fatigués esquisse un geste vers le blafard alors qu’il allait sortir. Des lèvres du 4HIT s’évade alors une petite phrase.
    « Pardonnez-moi… »
Non. Impossible. Il ne peut plus rester ainsi impassible, c’était trop lui demander. Une semaine qu’il tenait le siège, maintenant c’était impossible d’e supporter davantage. Même dans son sommeil l’adolescent se flagellait tout seul. C’était inadmissible. Tout ça à cause de ces foutus aliens surdimensionnés. Si on parvenait à les écraser, tout redeviendrait calme et l’ordre serait de nouveau établi. Ca ne ramènerait pas Robot Rock, certes, mais au moins elle serait ainsi vengée. Il est maintenant convaincu du bien-fondé de son plan. Et qu’importe si on le voit par la suite comme un fou, il est prêt à assumer cette responsabilité. Aujourd’hui plus que jamais.


Une annonce passe dans les haut-parleurs du couloir ;
    « Alerte ! Alerte ! Plusieurs groupes de Kaiju repérés ! Les pilotes Jaeger ont ordres de se rendre au sas général de transfert ! Je répète : Les pilotes Jaeger ont ordres de se rendre au sas général de transfert. »
L’homme sort alors de la chambre. Officiellement, il n’est pas pilote de ces choses. Mais il a suffisamment vu de tutoriels et de démonstrations pour savoir comment ça marche. Il ne se fait pas d’illusions, on ne le laissera probablement pas faire, les robots ayant déjà leurs pilotes attitrés. Mais bon, un peu de rêve n’a jamais fait de mal à personne, n’est-ce pas ? Mais il a besoin de parler un peu plus, avec des connaissances. C’est ce dont il a envie, là, tout de suite.

Passant devant une chambre aux allures de pièce d’hôpital, il aperçoit, par la grande vitre donnant sur l’intérieur, une silhouette qu’il connait bien à présent. Ou plutôt, les silhouettes d’une famille qu’il côtoie depuis un bon moment maintenant. Les Russianov. Eux aussi, avaient essayé de se battre. Enfin, surtout André, mais ça n’avait mené à rien. Il manqua juste de se faire noyer. De même, un Kaiju lui asséna de si violents coups de crocs lorsqu’il était sous sa forme lupine gigantesque qu’il ne s’était plus réveillé depuis. Sa dernière action avait été de reprendre forme humaine. Les médecins ne voulaient pas se prononcer à son sujet, ne sachant trop sur quel terrain miné ils s’aventuraient. Ça faisait bien six mois, maintenant, que Jena et leurs deux enfants venaient le voir presque tous les jours. La pauvre américaine en avait perdu le sommeil, ça se lisait sur son visage.

Cattran soupira tristement. Puis, il tapota doucement la vitre devant laquelle il se trouvait. Ceci attira l’attention de la bleutée mais fort heureusement, ne réveilla pas ses bambins qui dormaient, à moitié avachis sur leur père couvert de bandages et de perfusions. C’était dur pour eux, aussi. La liste des maux ne faisaient que s’allonger à mesure que le temps passait, apparemment. Il avait vu la retransmission d l’affrontement entre Fenrir et les trois Kaiju sur la plage proche. Oui, il avait vu le pelage de la bête céleste se teinter de rouge et hurler à la mort de douleur et de rage mêlée l’une à l’autre.

C’avait été affreux. Et personne n’avait rien pu faire, les Jaeger étaient arrivés trop tard. Ou plutôt, les machines avaient pu éviter qu’il ne dévore la relique humaine de Loukas, mais pas plus, malheureusement. Le gamer secoua la tête, de voulant pas se remémorer les lugubres cris qui s’étaient imprimés dans sa mémoire. Il ne fallait pas y penser.

Jena sortie de la pièce sans faire de bruit, pour ne pas réveiller sa progéniture. Ils échangèrent quelques banalités avant de commencer à marcher un peu, Damian lui ayant demandé si l’accompagner jusqu’au sas de transfert, juste pour jeter un œil, la tentait. Elle accepta, croisant les bras sous sa poitrine et suivant le mouvement. Oui, elle aussi avait grand besoin de se changer les idées. Elle se sentait terriblement impuissante depuis l’incident et elle culpabilisait énormément. Les minutes parurent des heures, surtout lorsque le silence gagnait l’assistance, malgré les passages réguliers des employés du bâtiment tout autour d’eux. Les deux adultes ne remarquèrent même pas que passaient près d’eux des pilotes Jaeger courant dans le sens contraire à celui qu’ils auraient dû empruntés. Ils prirent l’ascenseur principal, qui les amenait directement à l’endroit désiré. Rien ne fut prononcé durant la descente, ce qui rendait l’ambiance encore plus désagréable qu’elle ne l’était déjà dans le contexte actuel.

Puis les portes de titane s’ouvrirent. Et ce fut la surprise totale.

En effet, il semblait qu’October ne soit pas le seul à avoir eu une idée farfelue au possible. Devant lui, les yeux rivés sur l’engin fraichement arrivé, le déstabilisèrent grandement, l’espace d’un instant. Il se s’attendait pas à les voir ici. Et pourtant, il devait bien se faire une raison.

Roxane et Serren, ses anciens professeurs, se tenaient aux côtés de Diana, Jim, Sven et Lykke Dagsson. Pas besoin de mots pour savoir à quoi ils pouvaient bien penser, tous. L’unisson des cœurs et des esprits venait de se faire. Le brun ne put s’empêcher de sourire. Ça lui semblait tellement irréel, tout ça. Il osa une parole, pour clarifier la situation et s’assurer qu’il ne se faisait pas de film.
    « Mais … pourquoi ?
    -Pour les mêmes raisons que toi. On veut venger Brooke Répondit Monster Mind.
    -Oui d’accord, mais les pilotes ? Ils ne sont pas là ?
    -Seuls trois sont venus sur douze. Les autres ont décampés, morts de trouille. Crachat Diana, qui ne tolérait pas ce genre de fuite outrageante.
    - Je vois…
    -Nous allions entrer dans les cabines. Maintenant, soit tu nous suis petit, soit tu restes là, mais nous on y va.
    -Quelle question idiote. Bien sûr que je viens.
    -D’accord, et toi Jena ? demanda Swrank.
    - Oh, non elle ne vient pas je cro… commença Damian.
    -Je viens. »
The Light fut bouche-bée par une réponse si soudaine qu’elle ne semblait tolérer aucune contrariété. D’ailleurs, il ne pipa mot et suivit ses courageux camarades jusqu’au sas, même s’ils savaient tous pertinemment que lorsque leur exploit serait connu des agents du Gouvernement, ils se feraient lourdement réprimandés. Peu importait. Ces créatures avaient déjà fait trop de mal pour que l’on puisse tolérer davantage de dégâts. Douze Jaeger étaient prêt à partir, il était huit, c’était parfait sachant que seuls trois pilotes s’étaient présentés, selon les ordres donnés.

Sur le chemin, il demanda tout de même à Jim si Lester, le frère Légendaire de la récente défunte, était au courant de sa venue ici. Et la réponse fut non puisque dans ce cas de figure il aurait interdit au Silver de grimper dans une de ces machines géantes. Hors, le belge ne tolérerait pas qu’on l’empêche de réaliser ce but ci. Il tenait beaucoup à Brooke, et ce fut un déchirement pour lui aussi. D’ailleurs, il avait encore du mal à le croire, pour être franc.

Arrivés dans la salle, ils virent que les trois autres pilotes étaient déjà connectés à leurs robots respectifs. Tant mieux, ils ne risquaient donc pas de faire un commentaire quant à leur illégale venue. Ils prirent place, chacun dans un sas de transfert, et laissèrent les ordinateurs commencer le lancement. La pièce était plongée dans l’obscurité, jusqu’à ce qu’une tierce personne n’ouvre la porte, surprenant tout le monde. Elly Dullahan. Essoufflée, elle essayait tant bien que mal de respirer correctement.
    « Je savais bien … que c’était vous … que j’avais vu sur les caméras de sécurité.
    -Et ? Tu comptes faire quoi ? Nous en empêcher ? Trancha Serren, sur les nerfs.
    -Euh… Non… Enfin je … Vous n’avez pas le droit vous savez ?
    -Parce que tu crois qu’on se serait déplacés ici rapidement si on n’était pas au courant ? Reprit Diana
    -…
    -Écoutes, désolé d’être aussi acide, mais soit tu nous laisse partir et tu ne dis à personne que l’on se trouve là, soit je te fais bouffer le mur le plus proche. J’ai été clair ? Assène Damian, à la surprise de tous et toutes.
    -…
    -Alors ? Demandât-il, comme pour préparer un possible offensive malvenue.
    -Alors je pars avec vous.
    - ?! »
La mythique femme rentra dans la pièce à son tour, ferma la porte et la verrouilla avec un pass que peu de personne avait ici-bas. Comme ça, personne ne les dérangeraient durant leurs sommeils artificiels. Brooke était comme sa sœur. Elle ne pouvait tolérer davantage de passivité. Autant passer concrètement à l’action quitte à se faire réprimander par la suite.

Ils s’allongèrent tous comme ils se devaient de le faire, et les connecteurs cérébraux se mirent en place automatiquement. Immédiatement, leurs consciences furent propulsées dans les carcasses des neuf Jaeger jusque-là vides.
    « Jaeger One, Activation.
    Jaeger Two, Activation.
    Jager Three, Activation.
    Jaeger Five, Activation.
    Jaeger Seven Activation.
    Jaeger Eight, Activation.
    Jaeger Nine, Activation.
    Jaeger Ten, Activation. »
Quelle étrange sensation c’était de sentir chaque parcelles de cet engin comme étant une part de son propre corps. Incroyable, il n’y avait pas d’autres mots. Les voici tous parés à démarrer. Le logiciel autonome leur indiquait la marche à suivre. Quatre groupes de Kaiju avaient été détectés. Le premier sur la côte à dix kilomètres de là, un second en plein océan Atlantique, un troisième sur les banquises arctiques et enfin le dernier sur les côtes Européen. Quatre équipes de Jaeger seraient donc formés puis dispatchés sur les objectifs. C’était une premières pour eux. A part les trois pilotes chevronnés, aucunes des âmes précédemment citées n’avaient jamais tenté l’expérience auparavant. L’occasion faisait le larron, sans doute. Certains auraient pu qualifier ça de suicide, eux voyait le tout sous l’angle de la justice. Oui, ils se faisaient justice eux même, pour Brooke. C’était leur motivation.

Ils furent d’autant plus à l’aise lorsque les ordinateurs leurs indiquèrent qu’ils seraient escortés par les Légendes, nouvelles comme anciennes. Strider était intenable depuis le fin de la rousse, comme tous les autres. C’était parfaitement compréhensible. Il brulait de rage et personne n’avait cherché à l’arrêter. En même temps, avez-vous déjà essayé de stopper un ouragan ? Non. Car c’est impossible. Il s’était occupé de presque tout concernant les funérailles, comme si c’avait pu faire office d’ultime faveur envers sa compagne émérite d’autrefois. Ses cendres avaient été dispersées au-dessus des lourds nuages qui planaient au-dessus de la cité par les mains de Wilhelm tandis que les autres compagnons d’armes de jadis observaient depuis l’immense cabine d’un dirigeable. Il pleuvait depuis une semaine. Comme s’il cherchait, inconsciemment, à la retenir encore un peu plus ici-bas, par le biais de ses gouttes de pluie, bien plus froide qu’a l’accoutumée. Est-ce qu’il s’en rendait compte, au moins ? Rien n’était moins sûr. Et maintenant, l’envie de batailler était devenue la plus forte, pour ne pas céder à la faiblesse, encore une fois.

Les Robots furent rattachés à des hélicoptères quadrimoteurs. Il fallait bien ça pour transporter ces bijoux de technologies. Tandis qu’ils sortaient du hangar, ils ignoraient d’une paire d’yeux les couvaient avec plus ou moins de volonté. Ils appartenaient à l’une de leurs vieilles connaissances, dans tous les sens du terme. S’ils ne s’étaient pas déjà faits repérés, c’était à elle qu’il le devait. Ses doigts experts avaient, depuis la cabine d’extraction principale, trafiqués les caméras de sécurité et bernés les pare-feu. C’était sa petite contribution envers Robot Rock, même si en tant que telle, jamais elle ne l’aurait avoué.
    « Ne dites plus que Rebekah ne fait rien pour vous, maintenant. »
Elle sourit. Les voir combattre prochainement la rendait tout de même un peu nerveuse, mais elle devait s’y faire. Ils ne pouvaient plus compter que sur eux-mêmes, maintenant.

Les Jaeger furent lâchés aux emplacements prévus. Leurs adversaires ne devaient surement pas être très loin et ils leurs tardaient déjà d’en découdre. Sur un canal de communication, toujours conçu par l’Aliev –mais dont ils ignoraient tout – ils pouvaient tous communiquer entre eux, sans l’intervention des autres pilotes « légaux ». La magie du reformatage. Ils ne se posaient pas de questions. Ils agissaient, point barre.
    « Allons leurs démonter la face. » murmura Damian dans le canal, bien vite approuvé par l’ensemble de ses camarades clandestins.
Les diverses batailles ne tardèrent pas à s’entamer, dans la plus grande violence qui soit. Les groupes avaient été préparés à l’avance, ainsi nos protagonistes ne purent choisirent l’endroit où ils allaient se démener. Jim fit équipe avec Serren et un autre pilote sur les terres gelées du Grand Nord, accompagné par Râ et son apprenti. Celui de Robot Rock aussi était de la partie, tiens.

Dullahan et les Daggson eurent la chance de tomber ensemble. Il leur incomba, avec l’aide de la Légendaire Johan et son ancien élève, de défendre la côte Européen du joug des Kaiju un peu trop ambitieux. Jena et Roxane se retrouvèrent prisent dans les même filets, en combattant aux côtés d’un pilote. Elles étaient aidées par Lester Vaughan et son successeur. Leur cible à protéger était ni plus ni moins que le point découvert dans l’Océan. Ce ne serait pas une mince affaire mais qu’importe, ils étaient tous parés. Quant à Damian et Diana, ils partagèrent la même équipe, aidé d’un pilote chevronné pour défendre la côte américaine proche. Strider et Blast furent de la partie pour leur prêter main forte. Les éclairs descendant du ciel avaient rarement été aussi violents. La vengeance commençait tout juste à s’accomplir.

✤✤✤

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Je ship pleins de couples moi ♥ (et genre j'ai pas pu tous les mettre ;w;:
 


Dernière édition par Brooke Vaughan le Sam 25 Mai - 7:47, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [Futur] "We choosen to believe in each other." Sam 25 Mai - 2:04

You. Me. Bed. Now.
Nan. Sérieux.
Je t'aime, épouse-moi.
Attends. Mais, mais... MAIS C'EST TROP OUF. BORDEL.
Je crois que j'ai pas assez de mots pour exprimer ce que je ressens, tu vois :'D C'est juste... sublime ? Je te l'ai dit sur Skype, mais, voilà, quand je lis ce que t'écris, je ris, je pleure, je souris et je traite les gens de connards, parce que je suis dans le texte et que je veux savoir comment qu'ils vont s'en sortir. Et puis, voilà. Ça gère tellement. On a beau savoir que Brooke est morte, on dirait qu'elle vit encore à travers tous les personnages.
MAIS POURQUOI REON ? OMG C'EST HORRIBLE. Sérieux, c'est pas... juste ? D8 J'espère que t'as une bonne raison de le faire agir comme ça parce que sinon je vais péter un câble, hein D8
Mais sinon, tous els autres là, tous ces imbéciles qui vont risquer leur vie pour la venger, et puis Damian quoi, imaginer Damy adulte mais, je... *va le violer /pan*
ET PIS ARCHIMÈDE QUOI. Et Elliot pue la classe *autosatisfaction*.
Bref. J'ai adoré. Que dire de plus ? Rien. C'est parfait.

Ah, juste.

LA SUITE.
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MessageSujet: Re: [Futur] "We choosen to believe in each other." Sam 25 Mai - 7:44

Pour voir la partie Une, se référer au post précédent ♥

Les coups pleuvaient avec frénésie, dans les deux camps. Les pilotes – débutants comme experts – faisaient de leurs mieux pour parer les Kaiju dans leurs avancées, qu’elles fut-ce aquatique ou terrestres. Aidés par les Légendes, c’était un travail bien moins titanesque, il est vrai. Toutefois, rester vigilant devait être la préoccupation première de ces héros plus ou moins improvisés. Ces saloperies étaient intelligentes. Peut-être même trop pour le bien-être de leurs assaillants multiples.

On fit venir des bateaux immenses mais à peine en état de voguer à l’endroit ou The Mentaliste essayait de contrer les monstres avec son équipe dont il ne connaissait rien de l’illégalité. Le but ? Permettre à Lester de se servir des futures épaves comme de projectiles pour nuire à ces envahisseurs. Il y avait de l’idée, certes. Mais encore fallait-il pouvoir tenir le rythme, ce qui n’était pas simple, même pour cet homme dont on aurait pu penser que rien ne pouvait terrasser.

Plus loin vers les côtes, Damian se démenait au mieux avec son Jaeger pour éloigner les Kaiju. Mais comme déjà dit précédemment, leur faculté à ruser était très développée, ce qui ne facilitait guère la tâche. Sa machine eut le malheur de se retrouver, après une heure de lutte, avec un bras arraché. Les mâchoires de ces aliens demeuraient puissantes, qu’importe ce que l’on pouvait en dire. Le vent semblait tourner en défaveur des équipes improvisées. Malgré tout, aucun d’entre eux ne voulait faire machine arrière. Trop tard, ils finiraient ce qu’ils ont commencé. Comment auraient-ils pu prétendre pouvoir venger la mémoire de Brooke sinon ?

Les impacts de Foudre sur les horribles monstres rassuraient les combattants, qui se savaient tout de même entourés. Strider ne se ménageaient pas. Quant à Blast, elle usait de sa fameuse technique pour abattre ces horreurs depuis l’intérieur, en ligaturant leurs poumons, et bien d’autres choses encore. C’était lent, mais efficace. Et les Kaiju se retrouvaient ainsi à faire face à des divisions organisées, prêtes à leur barrer la route. Peu importait les obstacles qui se dressaient devant eux.

Mais ils avaient beau être investis d’une rage et d’une envie de vaincre qu’ils n’avaient plus connue depuis leurs jeunes années, ils se trouvaient face à un adversaire qu’il ne fallait jamais sous-estimer, quand bien même on pensait l’avoir neutralisé. Preuve glaçante avec Robot Rock, d’ailleurs. Et Damian en prit vite conscience lorsqu’il senti son Jaeger quitter le sol, verticalement. Ne sachant pas ce qui se passait au début, il fallut que ce soit Diana, qui l’informe qu’un Kaiju munit d’ailes était en train de le tracter vers les hauteurs. Bordel, depuis quand ces choses volaient ?! On en apprenait tous les jours. Et ils auraient tous préféré ne pas connaitre ce genre de chose.

Bien malgré lui, Cattran commençât à paniquer. Beaucoup. Ce n’était, à sa décharge, pas évident de rester serein dans des conditions pareilles et avec un robot amputé d’un bras qui aurait pu lui être très utile à ce moment-là. Il tenta vainement de se débattre, mais rien n’y fit. La peur le submergeant, il faillit céder à l’angoisse totale, son acolyte et l’autre pilote étant également trop occupé avec leur propre Kaiju pour venir lui prêter leur aide. Retenons bien le terme « faillit ». Car oui, il prend ici toute son importance.

Un hurlement s’échappa de la carlingue de la machine. Enfin, un son strident et désagréable. Le colosse de métal traduisait la peur de son hôte en une sonorité détestable. Puis, l’entièreté du Jaeger s’illumina intensément, forçant la bête volante à lâcher prise pour aller se réfugier dans l’obscurité du ciel. La proie précédente retomba donc dans l’eau, avant qu’October ne prenne conscience que tout allait pour mieux et que la créature n’avait pas eu l’occasion de lui causer le moindre tord supplémentaire. Il ne comprit pas. Ses pensées avaient du mal à s’organiser. Il était persuadé qu’il allait mourir alors…
Et puis la voix de Diana retentit dans son crâne, par le biais de leur canal de communication.
    « Bordel mais t’as fait quoi là ?! Pourquoi ton Jaeger s’est foutu à briller ?!
    -… Hein ? Briller ?
    -Oui, briller ! Comme quand tu utilises ton pouv… »
Elle ne termina pas sa phrase, venant de se rendre compte de ce qui venait de se produire. Bordel, si c’était le cas, c’était sensationnel. Ils pouvaient transmettre leurs dons au travers des Jaeger ?! C’était peut-être faux et une simple coïncidence, mais il fallait tout de même tenter. Rassemblant toute son énergie, Damian se concentra un maximum, affolant ainsi les capteurs cérébraux qui se trouvaient rattachés à sa boîte crânienne, à des kilomètres du lieu où il laissait ses bas instincts se déchainer. Son unique bras restant se trouva bien vite auréolé d’une lueur vive, captant l’attention de tout le monde présent près du lieu de l’affrontement. Ce devint de plus en plus brillant, pour finalement devenir aveuglant.

Un Kaiju, ne pouvant plus supporter ce trop-plein de clarté, se lança à l’attaque en aveugle, échappant ainsi à son propre adversaire. Il y eu des cris car une telle attaque frontale, The Light n’y résisterait probablement pas. Quand bien même, c’était de la folie d’exaspérer ainsi ces créatures.
Et pourtant.

Les vocalises sourdes de la bête se stoppèrent sitôt qu’elle eut ouvert les mâchoires. Personne ne sut dire ce qu’il s’était passé mais la seconde suivante, son cadavre flirtait avec l’écume en contrebas. Enfin, la luminosité se dégrada au fur et à mesure, rendant son épicentre de plus en plus distinguable. Et nul ne put en croire ses yeux durant la première minute de contemplation. La Jaeger de Damian… Dans sa main droite, la seule qu’il lui restait encore se trouvait … une immense hache transparente. Maculée d’un sang bleu, elle venait de fendre le crâne du Kaiju qui demeurait inerte à ses pieds. En un coup. Il inspecta sa création. Parfaitement solide. C’était probablement un simple coup de chance d’être parvenu à abattre une telle chose de la sorte, mais c’était déjà une avancée spectaculaire dont il fallait profiter. Et surtout, il était impératif, sinon vital, d’en avertir des autres. Immédiatement, tout en avançant vers un autre monstre, il activa le canal communiquant.
    « Ici Damian ! Mon pouvoir à filtrer à travers le Jaeger, essayez aussi ! »
Immédiatement, les autres tachèrent de faire de même. Lykke parvint, en les touchant, à faire grimper ou descendre la température des créatures qu’elles affrontaient de sorte à ce que cela leur soit nocif au possible. Sven n’eut pas les mêmes possibilités. Apparemment, cela ne fonctionnait qu’avec les dons pouvant s’extérioser du corps et non les autres. C’était déjà bien et ils usèrent de tous les stratagèmes possibles pour user correctement de cette nouvelle information. Elly pu repousser bien plus aisément les bêtes immondes qui tentait de l’attaquer, même si cela pompait beaucoup d’énergie sur son cerveau. Tant pis, elle aussi se donnait à fond. En dépit de l’âge auquel elle était rendue, il n’y avait pas de raison pour qu’elle en fasse moins que les autres, il aurait plus manqué que ça !

Jena pu créer des tremblements de terres en plein milieu des fonds marins, ce qui eut pour effet de créer des brèches menant directement sur des coulées de laves ardentes. Sitôt les failles ouvertes, la moindre chose manqua de se retrouver aspirée par les creux fraichement conçu. Les Kaiju se sentir entrainés dans les crevasses. Mais les Jaeger avaient, contrairement à leurs ennemis, deux avantages ; premièrement, ils pouvaient enfoncer des pilonnes solides dans le sol juste sous eux pour ne pas être emportés par le brusque courant. Deuxièmement, ils pouvaient compter sur Lester qui, perché sur le sommet d’une épave à moitié coulée, ne les auraient pas laissé se perdre dans ce genre d’abysses infernales dont ils ne seraient très certainement pas revenus. Une fois les bêtes prises au piège, Jena n’avait qu’à faire osciller légèrement les plaques tectoniques pour refermer ses premiers gouffres, abattant ainsi le fléau de l’instant.

Quant à Roxane et Serren, s’ils ne s’étaient pas donner à fond jusque-là, de peur d’abîmer les carcasses robotiques, à présent, ils donnaient tout ce qu’ils avaient dans le ventre – si l’on permet l’usage de cette expression – en dévoilant tous les trésors de coups utiles en combats au corps à corps qu’ils connaissaient.

Si les robots disposaient de cette ressource d’adaptation, autant en profiter sans se priver. La tendance, qui semblait vouloir s’inverser, en défaveur des protagonistes, paraissaient avoir l’intelligence de revenir sur sa funeste décision. Tant mieux, il n’en fallait pas plus pour rebooster le moral des troupes incongrues. Les pilotes « légaux » ne posèrent pas de questions sur ces aides semblant providentielles qui paraissaient provenir de leurs camarades – qui ne donnait pas de signe de vie radio depuis le début de la mission, d’ailleurs … - mais ils ne s’en formalisèrent pas plus que ça. L’essentiel, c’était de vaincre la menace actuelle, non ?

En attendant, la menace n’était pas éteinte pour autant. Ça, une autre âme eut tout loisir de s’en apercevoir en fort peu de temps.


Les rues de la ville paraissaient désertes. Non, en réalité, elles l’étaient. Et c’était ça, le plus désolant, dans l’histoire.

Une silhouette avance à pas lent en suivant une direction imprécise. Ses habits, de type japonais, qu’elle n’a pas pensé à changer avant de revenir sur les terres de sa naissance, flottant avec le vent peint de l’odeur acide du grabuge. Au loin, elle entend les chocs de la bataille faisant actuellement rage prêt des côtes, mais elle n’en a cure. Le plus important pour elle ne se trouve pas là. Du moins pas dans l’immédiat. Elle se sent si vide, avec tout ce qui lui est arrivé sans que personne ne le sache vraiment.

Emiko Johnson. C’est ainsi qu’elle s’appelait, autrefois. Mais depuis un peu moins d’une décennie, ce nom s’est morphé en un patronyme un peu moins orthodoxe, pour devenir définitivement celui qu’elle porte aujourd’hui. Emiko 4HIT. Epouse humaine d’un Klong. Celui-là même qui a disparu dans la nature depuis près de cinq années désormais. Elle ne sait pas encore ce qui plane au-dessus de sa lignée, mais elle n’a pas la tête à penser à ce genre de chose. Kage demeure encore sous le choc du décès de Robot Rock. Elle est … Non, elle était sa deuxième maman en ce bas monde. Elle lui avait plus ou moins implicitement confié ses deux enfants lorsqu’elle avait dû partir précipitamment pour le Japon sans pour autant lui expliquer les raisons subites de son départ. La confiance qu’elle nourrissait pour son ainée aujourd’hui défunte n’aurait pu s’expliquer. C’était également grâce à son bon soin en matière de robotique qu’elle avait pu continuer à user de son bras droit, en dépit du fait qu’elle se le soit fait tranché net par un adversaire, douze mois avant qu’elle ne parte du territoire américain.

Beau bordel. Tout avait commencé lorsqu’elle avait tenté de mettre la main sur son mari. Elle savait qu’il était encore vivant, mais où ? C’était là ce qu’elle s’était décidée à découvrir. Lorsqu’il était parti en mission, il ne lui avait pas semblé différent de d’habitude. Ce n’était donc pas un manquement à ses propres crédos. Il y avait autre chose. Mais quoi ? Autre question qui nécessitait investigation. Et en tant que femme et mère soucieuse de l’absence d’un père aux côtés de ses enfants, Emiko s’était lancé dans une vaste chasse à l’homme. Si, les deux premiers jours de silence radio, personne ne s’était alarmé – c’était courant pour les agents du Gouvernement d’agir comme tel – au bout d’une semaine, c’avait commencé à inquiéter.

Un temps, il lui avait pourtant semblé avoir retrouvé son homme. Mais l’ombre qu’elle avait eu a affronté par la suite ne pouvait pas être lui. Non, jamais Réon n’aurait levé la main sur elle. Jamais il ne l’aurait blessé de la sorte, en la privant de son bras naturel.

Un frisson parcourt son échine alors qu’elle se remémore la raison pour laquelle elle se trouve ici, dans ce contexte chaotique. Les Kaiju. Tout est de leur faute. Maudite créature qui lui ont enlevé son dernier pilier maternel. Elle se trouvait au Japon lorsqu’elle apprit la nouvelle, par les chaines de télévisions locales.

Les mains tachées de sang qu’elle trainait depuis quatre années s’étaient retrouvés refroidit par la pluie annonciatrice des moussons. Enfin, ce soir-là, elle avait eu la satisfaction d’avoir pu assassiné le dernier membre de cette famille sectaire, qui avait ôté la vie à son paternel. Elle s’était sentie étrangement libérée, quand bien même elle avait pleinement conscience que ça ne ramènerait pas son aïeul. Au moins, il était vengé. Cette période de vie fut très dure, pour elle comme pour Miko. Obnubilées qu’elles étaient par le venin vengeur, elles n’étaient que rarement lucides pour d’autres sujets. La fin de sa quête sonnait presque comme un renouveau, une reconnexion avec le monde « extérieur » au leur, après quarante-huit mois de vagabondage.

Satisfaite, la satiété de son obscure partie atteinte, elle avait décidé de déguster un bol de ramen dans le premier restaurant qui se présenterait à elle. Ensuite j’aviserais, avait-elle songé, tout en entrant dans la petite bicoque et prenant place à une table. Elle fut servie rapidement et prit son temps pour déguster sa commande. Enfin, ça, c’était avant que le gérant de la gargote ne décide d’allumer la télévision tressaillante de son fonds de commerce.

Si, au départ, elle n’avait jeté qu’un coup d’œil distrait au poste en mauvaise état, lorsqu’elle vit apparaitre le visage de Brooke sous les couleurs délavées de l’appareil, elle avait stoppé tout mouvement.

Comme si le monde s’était arrêté de tourner. Non, d’ailleurs, n’était-ce pas un peu le cas ? Le sien tout en cas, appliquait cette mauvaise donne. Sa main gauche, geôlière d’une paire de baguettes bloquées à mi-chemin entre le bol et ses lèvres avait quelque peu tremblé. Son attention s’était fixée sur les informations défilantes sous les images commentées en temps réels par la présentatrice télé. Chacun dans le bistro y allait de son joyeux commentaire, mais Emiko n’en fit aucun cas. Ca ne l’intéressait pas, ce qu’ils pouvaient en penser. La seule chose qu’elle retira de cette soirée, c’était que Brooke n’était plus de ce monde. Rien de plus. Rien de moins.

Elle avait pu voir les images amateurs tournés par un jeune et balancé aussitôt sur les sites de partage de fichiers à grande échelle. On y voyait un Jaeger et un Kaiju aux prises, avec l’avantage certain pour le second. Et la retransmission se terminait ainsi.

Immédiatement, telle l’ombre qu’elle avait appris à être, 4HIT s’était levée puis était sortie de cette cantine de quartier, en laissant à côté du bol à peine entamé de quoi payer son addition et bien plus encore. Perdue, déboussolée, elle n’aurait su l’être plus. Mais pire encore, elle ne voulait pas y croire. Ce n’était que tissu de mensonges, tout ça. La rosée aurait tant voulu pouvoir accorder crédit à ce genre de pensées. Mais ce ne fut pas le cas, puisque son esprit rationnel s’empressa de reprendre le dessus, pour l’achever une fois pour toute. Était-ce là le prix qu’elle recevait pour avoir tué tant de personnes ces dernières années ? Elle ne voulait pas le savoir, finalement. Ça lui aurait fait trop mal que de continuer à réfléchir dans ce sens. A la place, elle partit s’isoler dans les méandres d’une usine désaffectée non loin et y laissa couler toute les larmes que son corps pouvait contenir, encore. Aider de son don, elle s’isola dans une bulle de ténèbres durant deux jours, afin d’être certaine que nul ne viendrait la dérangeait pendant qu’elle cuvait son chagrin.

En fin de compte, les yeux devenu secs, elle s’était décidée à reprendre le dessus sur sa faiblesse et fit tout ce qu’elle pouvait pour rallier l’aéroport le plus proche dans les plus brefs délais. Elle voulait rentrer au pays. Elle voulait se raccrocher à ses souvenirs, même si ça ne lui ramènerait pas l’âme fauchée.
Quelques larmes perlent encore aux coins de ses grands yeux bleus, mais elle les réprima rapidement, d’un passage de dextre habile. Elle se trouvait maintenant devant le bâtiment ou était gardé les postes de pilotage des Jaeger. Ca ne l’effrayait pas. Durant son épopée personnelle sur les terres nippones, elle avait eu l’occasion de voir en action ces monstres de métal, lorsqu’ils affrontaient les Kaiju sortis de la mer. Elle avait appris à ne plus les craindre. Ou plutôt à admettre qu’ils n’étaient pas utiles de se liquéfier de terreur devant eux. Face à ces créatures de cauchemars, le mieux était encore d’agir. Rester une statue de sel n’aurait jamais rien régler au problème.

Enfin, elle prend son courage à deux mains et s’élance dans le hall. Elle ne fait pas cas de l’ambiance froide qui l’accueille, tachant de trouver cela logique après la disparition définitive de la Légende. Elle a encore du mal à s’y faire. Mais elle n’a plus le choix, maintenant. Grimpant les étages, elle part à la recherche du moindre petit souvenir qui pourrait subsister de Brooke ici, pour se l’accaparer. Elle ne veut pas risquer d’oublier un jour. Dis ainsi, ça peut paraitre idiot, mais ça avait un véritable sens pour elle. Dans le même temps, Emiko recherchait ses enfants.

Mais une mauvaise surprise l’attendait à l’étage suivant.

A peine eut-elle mit un pied derrière la porte de l’escalier qu’on s’était saisit d’elle et qu’on l’envoya heurter le sol avant de lui passer les menottes. N’étant pas d’une nature à chercher les ennuis, elle opta tout d’abord, avec l’accord de Miko, de rester le plus stoïque possible, pour bien comprendre ce qu’il se passait. Sauf que ce qui allait lui tomber sur la nuque, tel un couperet, serait loin d’être évident.
    « Emiko 4HIT vous êtes en état d’arrestation pour complicité de meurtre sur la personne de Robot Rock !
    -J’vous demande pardon, teme ?!
    -N’êtes-vous pas la femme de Réon 4HIT ? »
Un prodigieux et incompréhensible « quoi ? » tenta de s’extirper de sa gorge alors que ses idées ne parvenaient plus à trouver un sens logique. On la redressa sans douceur, les employés de la sécurité n’étant point connu pour leur délicatesse, et elle fut entraîné jusqu’à une pièce vide, contenant seulement un lit dont les entraves étaient vides de prisonnier. On referma la porte derrière elle, avec violence, ne lui laissant pas le temps de se justifier. Par-delà la pièce boisée, elle pouvait entendre les commentaires des hommes l’ayant emprisonné avec fermeté.
    « Dépêchez-vous, on n’a pas de temps à perdre ! Déjà que ses enfants se sont fait la malle, faut qu’on assure et qu’on la laisse pas filer ! Aller chercher Daggson, le chef de la police !
    -Mais, il est introuvable, Monsieur… tenta un nouveau venu
    -COMMENT CA IL EST INTROUVABLE ? MAIS PUTAIN IL EST OU ?! »
Celui qu’Emiko identifia comme le chef en charge de la sécurité des locaux continua à être hystérique une bonne poignée de minutes. Elle ne comprenait plus rien. Ses enfants avaient disparus ? Comment était-ce possible ?! Brooke l’aurait prévenu s’ils s’étaient faits enlevés tout de même !

… Encore une fois, il y avait autre chose. Sauf que pour cette pente ô combien glissante, elle ne voyait pas. Raaah, ce qu’elle pouvait en avoir assez de se sentir dépassée par les évènements !

Jetant un coup d’œil à cette pièce vide, la métisse capta vaguement le parfum de son fils ainé, mais rien de plus. Il n’y avait qu’un lit médicalisé, qui semblait avoir récemment porté quelqu’un.

Seul un petit papier attira son attention. Posé sur le lit, il semblait avoir été griffonné d’un message.

S’approchant, à peine méfiante, les mains retenues dans son dos, elle put distinguer les lettres formant le message suivant :
    « J’ai essayé de la sauver. »
C’était l’écriture de Réo, son fils. Emiko se redressa, pivota et prit place sur le lit, dépitée. Elle ne s’était éclipsé que quatre an pourtant, et il lui paraissait avoir loupé deux décennies minimum ! Pourquoi ne comprenait-elle plus rien à ce qui lui arrivait ? Complice du meurtre de Brooke, elle ? Tout ça parce qu’elle était la concubine de Réon ? Les pires idées de scénarios lui vinrent en tête tandis qu’elle se laissait choir sur l’installation. Seigneur Dieu, qu’avait donc bien pu faire son mari ?... Elle ignorait si elle tenait à le savoir, finalement.

Bien loin en dessous de ses pieds, et bien qu’elle n’en sache rien, se tenait une sorte de vague réunion entre plusieurs individus. Quatre participants pouvaient être vu comme « actifs », le cinquième, à part, dans l’ombre ne semblait guère pouvoir aligner ne serait-ce qu’un mot. Le silence agité de ces lieux, sous les cavités des égouts de la ville, rendait l’endroit encore plus stressant qu’à l’ordinaire. Au loin, si l’on faisait très attention, entre les sons de turbines et les brouhaha des canalisations, on pouvait distinguer les pulsations des jambes robotiques des Jaeger cogner contre le sol, se battant sans doute contre les Kaiju. Mais il fallait vraiment se concentrer pour entendre une chose pareille.

En définitive, c’est une demoiselle, pas encore sortie de l’adolescence, qui rompt le manque d’échange. Elle saute de son perchoir rouillé, qui n’était autre qu’une très vieille armoire électrique, avant de s’épousseter et de croiser les bras sous sa poitrine presque inexistante.
    « Boooooooss, dis dis dis, quand est-ce qu’on va enfin pouvoir passer à l’action ?!
    -Pas maintenant. Réponds celui qu’elle appela « Boss », l’unité entièrement marquée par les ténèbres, ce qui ne permet pas de l’identifier clairement.
    -Mais je m’ennuiiiiiiie ! Commence-t-elle à chouiner.
    -C’est vrai ça, tu ne nous a rien fait faire d’extraordinaire récemment. Rajoute une deuxième arrivante, en tout point semblable à la première. Des Jumelles.
    -Allons, vous nous avez grandement aidé en faisant en sorte que notre invité puisse nous être d’une utilité certaine pour nos desseins.
    -Mwarf, rien d’exceptionnel. A nous deux, on contrôle le temps et l’espace, ce n’était pas bien difficile de le transporter en un clin d’œil jusqu’à l’intérieur du Jaeger et de l’en sortir tout aussi rapidement.
    -Vous avez prêté vos forces à l’accomplissement du destin il y a quelques heures à peine, pourtant. Reprends le « Boss ».
    -Moui, on a juste détaché le dénommé Réo et montré à Ada comment fonctionnait la machine à remonter le temps, c’est pas grand-chose. » Rétorques la première arrivée, en boudant quelques peu, s’amusant avec ses cheveux.
La seconde sautilla soudainement jusqu’au cinquième membre présent de l’assistance, entièrement recouvert d’un long manteau sombre. Tout en riant, elle lui ôta sa capuche, dévoilant ainsi son visage, marqué d’une cicatrice particulière. Réon 4HIT. Son visage est inexpressif. Il donne l’impression de ne rien ressentir, à un détail près ; des larmes roulent le long de ses joues. Le jeune femme, en le voyant, pouffe de rire et ne trouve rien de mieux à faire que d’en informer ses camarades.
    « Hey, regardez ! Il pleure ! »
Sa copie la rejoint dans un éclat de rire idiot, mais sincère. Elles ne peuvent comprendre cette marque de faiblesse tellement humaine. Elles haïssent l’humanité toute entière, rien que pour ce genre de chose. Et dire que lui n’est même pas humain.. Il se rabaisse en agissant de la sorte !

Une nouvelle vocalise les stoppe dans leurs démonstration de contentement. Un garçon, semblant à peine plus âgé qu’elles deux s’extraient un peu de son coin, pour prendre part de manière brève à la conversation.
    « C’est normal. Je contrôle parfaitement son corps mais son esprit n’est pas entièrement soumis à ma volonté. Il reste conscient de chacune des choses que l’on lui fait faire contre son gré.
    -Pfff, t’es nul, tu pourrais t’appliquer à faire mieux quand même ! crache l’une des deux filles
    -Veux-tu que je te rappelle ce qui s’est passé la dernière fois que j’ai usé de mon pouvoir sur toi ?
    -Hum, non, ça ira. Se renfrogne-t-elle, ne pensant pas qu’il réagirait ainsi.
    -Il faut dire que c’est drôle tout de même, de pouvoir le faire agir comme un vulgaire pantin sans qu’il n’ait son mot à dire ! Ca me rappelle le jour où tu lui a fait couper le bras de sa femme ! C’était tellement drôle, ahahah ! Je me rappelle encore de ses cris de douleur ~
    -C’est vrai, et là il a assassiné sa mentor d’autrefois ! Il va finir par se suicider en se laissant mourir, à force ! C’est distrayant, j’aime bien ! Surenchérit la plus vivace du duo.
    -Détrompez-vous, il peut encore penser par lui-même. Je suis lié à lui par l’esprit et je l’entends se lamenter, même si ça ne se voit pas d’un point de vue extérieur.
    -Ah oui ? font les filles, à l’unisson.
    -Oui. Il y a deux minutes, il m’a supplié de l’achever pour là sept cent millième trois cent dix fois.
    -Il est drôôôôôôôle ! Comme si on allait l’abattre maintenant alors qu’on a encore besoin de lui ♪
    - L’espoir fait vivre, parait-il.
    -Oh arrêtes avec tes proverbes à la con.
    -Enfin bon, et toi ? Qu’en est-il de ton but ?
    -Je vais bientôt la revoir…
    -Qui ça ?
    -Mais si sœurette, tu sais, sa « clone ».
    -Ah, oui, elle. Souffle la boudeuse.
    -Bientôt nous serons réunis elle et moi, dans une symbiose parfaite.
    -Tu sais que tu fais flipper avec tes dires limites malsains ?
    -Ça, c’est sûr. Et dire qu’il n’est pas vieux de plus de cinq ans mais que ça ne se voit pas. La génétique et la science ne finiront jamais de m’impressionner. »
Tout à coup, le Boss claque des doigts, faisant s’aligner derrière le fauteuil ou il choit, toujours dans l’ombre, ses valeureux soldats. Prêts à obéit à chacun de ses ordres, ils attendent, presque impatients, qu’il découse ses propre lèvres.
    « Camarades, aujourd’hui s’accomplit une nouvelle page de notre histoire. Je suis fier de vous, grâce à vos talents, notre monde perdurera à tout jamais. »
Un petit silence prend place avant qu’il ne reprenne la parole.
    « Allons rejoindre les autres. »
Un sourire mauvais tranche les lèvres des deux jeunes femmes qui se ruent vers la porte la plus proche, emportant avec elles Réon, tandis que le Boss se lève tranquillement de son trône improvisé.
    « Je préférerais qu’on l’on ait pas à recourir aux Titans avant le moment venu » murmure-t-il.
Il passe d’un pas lourd devant le garçon et use de la porte à son tour, laissant retentir un puissant boum dans l’enceinte des lieux. L’étrange personnage à la tignasse dorée glisse une main dans le revers de sa chemise et en extraie une photographie. Ses iris la contemplent, puis il sourit. Déposant un baiser sur la prise de vue, il la range avant d’aller emboiter le pas à ses autres comparses.
    « J’arrive. Bientôt toi et moi seront à nouveau réunis… »
Il reprend son souffle, comme si prononcer ce simple prénom était une épreuve en soit.
    « Nino. »

✤✤✤

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MessageSujet: Re: [Futur] "We choosen to believe in each other." Lun 27 Mai - 7:08

Et voici la première partie du chapitre 4 ♥

Dans une chambre, otages de la pénombre se distingue sous trois silhouettes précises. Deux filles se tiennent debout, contemplant comme elles le peuvent, un jeune homme endormi. Leurs yeux ne sont assistés que par les petites ampoules bleutées du lit médicalisé, autrement, elles n’apercevraient surement pas le bout de leur propre nez. Malgré tout, elles trouvent le moyen d’arborer le même sourire, à l’unisson. Satisfaites, elles le sont. Et plutôt deux fois qu’une, d’ailleurs. Ce qu’elles sont en charge de faire ne déborde pas d’intérêt, mais qu’importe, elles s’y plient puisqu’il le leur a demandé. Il reste en revanche, un arrière-goût amer à l’une des deux silhouettes. Un soupir lourd se fait entendre.
    « T’es sure qu’on ne peut pas le tuer ?
    -Non. L’envie ne m’en manque pas mais le Boss ne sera pas content si on le supprime.
    -Pfff, regarde le, il est au moins aussi faible que son paternel je parie !
    -Sans doute. Mais on doit obéir.
    -Gngngngngn…
    -Aller, arrêtes de bouder et détache ses bras, je m’occupe de ses jambes
    -Oui Madame, bien madame. » Fait-elle avec toute l’ironie du monde.
Les liens maintenant l’adolescent fermement maitrisés sont désormais hors d’usage. Parfait. La moitié de leur mission vient d’être réalisée. Sans plus tarder, il leur faut passer à la suite.
    « Tu sais où se trouve la gamine ?
    -Oui, en train de se morfondre dans un coin de couloir.
    -Bordel, chialé pour rien, ça doit être une tare de famille chez eux.
    -Peut-être, mais là n’est pas la question.
    -Certes m’enfin…
    -Allons-y ou on va finir par le réveiller et ce n’est pas ainsi que les choses doivent se passer. »
La seconde entraîne l’autre demoiselle, qui lui est en tout point identique, vers la porte de la pièce, en la tenant délicatement par la main.

Une fois sorties dans le couloir, l’une d’elle claque des doigts, dans un dessein encore obscur. Il ne tarde point à prendre sens lorsqu’elles entament une marche sautillante à travers le bâtiment et que personne ne semble les voir. En réalité, plus rien ne s’anime ici-bas. Cet être vient d’arrêter le court du temps dans l’ensemble du bâtiment, de sorte qu’elle puisse mener à bien son devoir dans les plus brefs délais. Se faire repérer bêtement aurait été si préjudiciable ! Le patron n’aurait certainement pas apprécié.

Pas le moins du monde, en réalité. Alors autant user du pouvoir que Mère Nature lui a si diligemment offert pour donner corps à ses convictions. Pourquoi faire simple lorsque l’on peut faire compliqué ?
Leurs pas les mènent jusqu’à un carrefour de couloirs, presque désert. Et pour le coup, ce n’est pas dû à l’un de leurs deux pouvoirs. En même temps, en période de crise, il est vrai que personne ne songe à venir se perdre ici, laissant ainsi tout loisir à n’importe qui d’un peu audacieux de venir s’amuser avec les artifices à peine gardé des nombreuses pièces creusées dans les murs. Elles ricanent. Qu’ils sont idiots, au Gouvernement. Des deux, celle qui se trouve investie du rôle de maîtresse de l’espace se débrouille alors pour concevoir un passage à travers l’un des murs, menant directement dans une salle d’archives ô combien poussiéreuse. Heureusement qu’elle sait ce qu’elle y cherche, ça lui évitera de se salir intensément. Aussi, pendant que sa sœur patiente tout près, elle ouvre le premier placard à sa droite, en prenant soin d’en faire sauter le loquet et se saisi du premier dossier ranger dans la liste des « C ». Elle le feuillette rapidement ; c’est bien celui-là. De la poudre salissante tombe de la pochette le contenant mais elle n’y fait pas cas. Ressortant de cette caverne d’Ali-baba pour n’importe quel fouineur, elle referme son passage d’arrivée et tends l’ensemble de documents à sa sœur qui s’en empare du bout des doigts seulement, comme si ça pouvait la protéger des traces du temps et de l’oubli qui prirent place sur ce porte-papiers. Elle frissonne et attends que son reflet ne soit fin prête pour continuer à marcher un peu vers une direction qui aurait pu paraitre aléatoire… alors que ce n’était guère le cas.

Comme prévu, c’est là, à une intersection, qu’elles dénichèrent, recroquevillée dans un angle, la silhouette tremblante d’Ada 4HIT. Nouveau ricanement, sorti du plus profond de leurs entrailles. La manieuse du temps reclaque des doigts, rendant à la temporalité sa juste valeur malléable. Des sanglots étouffés leur parviennent, leur faisant lever les yeux au plafond. Quelle idiotie de se comporter de la sorte… Les humains ne savent donc pas prendre sur eux ?! Ce constat les dégoute, même si dans les faits, cette fille ne l’est pas totalement, humaine. Bref, il faut agir, ou tout le plan risque de tomber à l’eau.

Tranchant le silence pesant, la plus agressive des deux interpelle la petite désespérée.
    « Alors c’est toi Ada 4HIT ? »
La susnommée lève les yeux, rougis par les larmes nouvelles, vers ses interlocutrices encore inconnues.
    « Qui… qui êtes-vous ?
    -Ce n’est pas très important, mais si tu tiens vraiment à le savoir, nous étions les protégées de Robot Rock. »
L’hybride cligne des yeux à plusieurs reprises, ne comprenant pas ce qui se déroule devant elle.
    « Comment ?...
    -Tu a très bien entendue.
    -Je ne vous connais pas... Et Robot Rock m’a...
    -Oui oui, élevés avec ton frère, on sait. Elle nous parlait souvent de vous avec ton frère Réo. » Ajoute la seconde blonde.
Le cœur d’Ada rate un battement. Elles connaissent tant de choses. Ça ne peut être que vrai. Impossible qu’il en soit autrement. Dans son désespoir et son incapacité à savoir quoi faire pour éliminer son paternel, elle ne parvient plus à distinguer le vrai du faux. Elle s’illusionne. Ça fait tellement de bien de se mentir à soi-même, parfois. C’est salvateur, surtout dans un contexte pareil. Alors, si ces deux filles disent avoir connu Madame Brooke, ça ne peut être que vrai. Pourquoi mentiraient-elles ? Après tout, c’est vrai que sa « tutrice » ne lui parlait pas de tout, alors leurs dires sont très crédibles. Et maintenant, elle choisit de les croire. Elles semblent si sincères. Aucune raison de douter. Ainsi, elle se redresse sur ses deux jambes, reprenant finalement espoir soudainement. Et puis elle les regarde. Les deux ne semblent pas plus grandes qu’elle mais il se dégage de leurs unités une aura forçant le respect, presque inquisitrice.
    « Suis-nous fait l’une des jumelles.
    -Pour aller où ?
    -Tu veux tuer ton père, non ?
    -…
    -Alors ne pose pas de question et avance. » Termine la seconde.
La métisse suit donc sans faire d’histoire. Ses nouvelles camarades l’emmènent jusque devant une porte semblant verrouillée.
    « C’est ici, lui disent-elle, à l’unisson.
    -Mais, cette porte est fermée… »
Elles ricanent, de bon cœur. S’en suis un étrange rituel qui lui fait ouvrir grand les yeux. L’espace d’un instant, il lui semble même être la proie de vision. Elle ne saurait différencier ces sœurs, semblables à deux gouttes d’eau. Et pourtant, l’une d’elle vient de créer une sorte de sombre tunnel dans le mur près de la porte avant de s’y engouffrer. Le tout se referme. Que s’est-il passé ? L’autre ne semble ni inquiète ni stressée outre mesure.

Un petit clic retentit alors et la porte coulisse pour permettre aux protagonistes d’entrer dans cet endroit auparavant interdit à toute violation. Ada continue de suivre le mouvement, sans se poser davantage de question. Si elle avait dû s’arrêter sur le moindre détail improbable, elle se serait déjà demandé comment ces deux étrangères à son univers connaissent ses plans pour l’avenir. Tuer son paternel. Elle n’en avait parlé à personne. Mais ces deux-là le savait. Comment ? Grand mystère auquel elle n’accorde pour l’heure, aucun intérêt.

Elles arrivent devant une grande bâche de tissu, semblant dissimuler quelque chose de précieux. Immédiatement, dans un geste fluide de la part des singulières demoiselles, cette dernière se retrouve bien vite sur le sol, dévoilant ainsi un exosquelette circulaire sombre. Ne sachant trop devant quoi elle se trouve, la 4HIT ose demander, d’une voix timide – ce qui ne lui ressemblait pas :
    « Q...Qu’est-ce que c’est ?
    -Une machine à remonter le temps.
    -Hein ?!
    -Ne fais pas cette tête. Oui, ça existe depuis quelques années maintenant.
    -Grâce à elle, tu pouvoir remonter plus de vingt ans en arrière et accomplir ton destin, soit tuer ton père.
    - Elle n’est pas belle la vie ? »
La blafarde ne dit rien, encore un peu sous le choc d’une telle annonce. Les jumelles en profitent pour amorcer la machine, qu’elles savent parfaitement bien utiliser. Et il ne leur faut guère plus de deux minutes pour programmer l’époque, le lieu d’atterrissage et le lancement de la bête de métal, dont le centre s’illumine soudain d’une façon fantastique. Une rue pleine de vie apparait alors sous les iris médusés de l’hybride, qui n’en revient pas. C’était donc ça, le monde d’il y a deux décennies ?
    « Ne t’en fais pas, ça à l’air haut, comme ça mais tu poseras les pieds sur le sol tout en douceur, c’est prévu pour. » lui assure l’une des deux filles.
C’est vrai, elle ne s’était pas formalisé de ce détail mais le point d’accès au passé semble perché au-dessus de la ville. Très au-dessus. Mais bon, si elle en croyaient ses alliées sortis d’on ne savait ou, elle ne risquait rien. Ainsi, elle s’avance, petit à petit, vers la lueur de l’épicentre, comme encore un peu hésitante. Après tout, ses actes n’aurons rien de réparable par la suite.
    « C’est la meilleure chose que tu puisse faire, pour ta mère et pour Robot Rock. »
C’est vrai, ça. Pour permettre à sa mère d’avoir une vie normale, elle devait supprimer l’homme que celle-ci avait épousé et réduire à néant leur lignée conjointe. Il n’y avait pas d’autres solutions.
    « Et n‘oublie pas que si tu échoue, tu seras immédiatement cristalliser à ton retour ici. »
Elle laisse échapper un sursaut d’angoisse. Oui, la cristallisation. Nouveau système de conservation longue durée des criminels. Ça équivaut à la cryogénisation mais … en plus drastique.

Personne n’avait encore été libérer d’un cristal. Seuls les plus dangereux hors-la-loi pouvaient être ainsi incarcérés. Et si ça lui arrivait … ? Elle ne reverrait plus personne. Ni son frère, ni sa mère, ni …Non. Elle ne devait pas penser à ça. Ces filles venaient de réussir à la motiver.
    « Oh et tiens, prends ça, son utilité sera surement démontrer au moment venu. Fit la plus calme en lui lançant un objet à la drôle de constitution.
    -Et voici un dossier contenant des informations sur une personne qui, je pense, sera ravi de t’aider dans ta quête temporelle
    -Merci…
    Pas de quoi ♪ » conclurent-elles.
Elles lui donnait les armes nécessaires pour mettre son plan en marche. Elle franchit le pas et disparu dans un crissement distinctif, laissant un sourire malsain étirer les lèvres de ses soi-disant nouvelles amies.

L’adolescente ne se doutait pas un seul instant qu’une paire d’yeux familière l’observait, caché dans l’embrasure de la porte. Réo.

Il s’était réveillé une poignée de minutes auparavant et sa première pensée avait été de partir le plus vite possible. Mais pas sans un mot, au moins, pour appuyer ses dires. « J’ai essayé de la sauver » avait-il écrit sur un morceau de papier avant de quitter sa geôle, tachant de ne pas se faire repérer. C’est vrai, lorsqu’il était un Kaiju, il n’avait fait qu’essayer de sauver la vie de Robot Rock, cette femme qui lui avait tant donné. Ce n’était pas de sa faute. Ou plutôt si, mais il n’avait jamais voulu en arriver là.

Lorsqu’il avait soudainement senti une présence menaçante à l’intérieure de la carcasse robotique, il avait voulu l’en extraire comme il l’avait pu. Mais il avait échoué puisqu’une explosion détruisit le Jaeger Four avant que ses crocs ne puissent déchiqueter correctement la carcasse du robot pour en purger le danger. Madame Brooke était morte. Et c’était de sa faute, pour n’avoir pas réagi assez vite. Comble de l’horreur, on l’avait harnaché à son lit dès qu’il fut rapatrié. On l’accusait de meurtre. Était-ce vrai ? Sa version des faits était-elle erronée ? Avait-il… ? Non, impossible. Et pourtant, les faits étaient là.

Mais il ne parvenait pas à accepter ce genre de chose. C’était trop lui demander. Alors il voulut fuir. Loin. Où ? Pas la moindre idée, mais il fallait déjà éviter de se faire repérer. Son petit mot laissé, il avait passé la porte de sa chambre sur la pointe des pieds avant de s’engouffrer dans le premier couloir venu. Et c’était précisément au bout de ce chemin qu’il aperçut la silhouette de sa sœur aux côtés de deux autres, qu’il ne connaissait pas. Mais son instinct ressortant lui hurlait de ne pas leur accorder confiance. Par envie de garder sa cadette du moindre danger, il leur avait emboîté le pas, en silence. C’est de cette manière qu’il était parvenu jusqu’à cette porte ouverte dont s’exaltait des lumières étranges. Il jeta un œil curieux avant de surprendre une rapide conversation entre les inconnues et sa petite sœur. Que venait faire leur mère là-dedans ? Il ne comprit pas.

Puis, tout prit fin. Plus d’Ada, plus de demoiselles suspectes. Seule la machine à remonter le temps était encore active. Intrigué, Réo osa mettre un pied dans la pièce. Mais non, plus une seule forme de vie.
Il détruisit la distance qui le séparait du système influent sur la temporalité et observa, curieux, la vision qu’il en eut. Une rue piétonne gorgée de vie. On ne peut dire qu’il était étonné, non ça allait bien plus loin que ça pour être honnête. Toutefois, l’ensemble de ses observations auraient pu se terminer là si une vocalise dans son dos ne l’avait pas surpris.
    « Va donc essayer de l’empêcher de tuer votre père, si tu t’en sens capable ! »
L’adolescent n’eut pas le temps de se retourner pour apercevoir le visage de l’individu lui ayant adressé la parole qu’un coup de pied dans son dos le fit chuter au centre du mécanisme, lui occasionnant par la même occasion un voyage dans le temps vers l’arrière. Bien avant sa naissance.
    « Quelle lenteur de réaction, je suis sidérée… » Refit la voix, se plaignant sans honte aucune.
Un doigt fin et féminin se hissa jusqu’au tableau de contrôle et pressa le bouton d’arrêt de la machine. Encore elles.
    « Tu lui a donné un système de retour à notre époque ? Pourquoi ?
    -Oh, d’ici à ce qu’il fonctionne, on a le temps de voir venir tu sais.
    -Huhu je vois… N’empêche, heureusement que j’ai pu stopper le temps quand son frère a débarqué.
    -Effectivement, le plan n’a pas subi de dérèglement comme ça.
    -Bon ! Maintenant qu’on est débarrassé d’eux et si on allait manger une glace avant d’aller rejoindre le Boss ?
    -Il est vingt-trois heures passés, plus aucune boutique n’est ouverte…
    -Comme si j’avais eu l’intention de payé, frangine.
    -… Je te suis ! »
Et c’est avec un rire enfantin et presque innocent qu’elles quittèrent la pièce, fière de leur félonie. Les protégées de Robot Rock…. Ce qu’il ne fallait pas inventer de toute pièce pour paraitre crédible de nos jours ! Leur forfait commis, elles s’éclipsèrent du bâtiment via l’un des dons accordés par leurs simples naissances.

En revanche, dans l’une des pièces voisines, un acte d’une toute autre mesure était sur le point de s’accomplir. Au chevet du Russianov se tenait, debout, une personne que l’on aurait pu confondre avec la Faucheuse elle-même. Son corps, presque squelettique – pour ne pas dire à moitié – n’a guère changé malgré les années passées, comme d’habitude. Son regard est rempli de mépris, de haine et de dédain, adressé sans aucun doute au convalescent qui ne s’est plus réveillé depuis sa prodigieuse attaque suicide, quelques mois en arrière.

Contre le mur, sur une chaise, gisent deux corps inertes et enfantins. Ils sont blancs comme des linges. Oh, pas d’inquiétude, elle ne les guère tués, bien qu’elle aurait largement pu se le permettre. Sauf que repartir dans la seconde à Helheim ne l’a tentait absolument pas. C’était même une option à bannir de son esprit pendant un moment. Elle a rencontré bien trop de galère jusque-là pour réitérer ce genre de mésaventure. Très peu pour elle. Surtout dans une situation telle que celle-ci. Les gosses sont simplement endormis, vidés de leur énergie suffisamment pour qu’ils éprouvent le besoin de profondément ; d’un sommeil très lourd. Elle soupire en posant ses iris grenat sur l’endormi. La vision de cet être, branché à un électrocardiogramme émettant des sons réguliers, ne lui fait rien. Pas le moindre pincement au cœur. Pour l’humain qu’il est basiquement, du moins. Le respirateur se prolongeant dans la gorge de ce dernier lui tire simplement un air de dégout mal contenu. Maudit parasite fragile. Sa gorge vibre alors sous l’effet de quelques paroles prononcées, comme s’il pouvait l’entendre. Elle sait pourtant que c’est impossible, dans de pareilles circonstances, mais elle en a besoin, pour extérioriser cette frustration sous-jacente parfaitement ressentie.
    « Non mais pour qui tu te prends ? »
Seule l’expiration rendue automatique par le bloc de machine parvient à émettre un son, pour toute réponse inerte.
    « J’sais même pas pourquoi tu as atterri chez moi étant donné que tu es mort en bataillant. »
Seul le son artificiel lui accorde dialogue.
    « Tu as juste du faire trop de mauvaises choses dans ta vie, voilà tout. »
Dix secondes passèrent ainsi.
    « Quoi qu’il en soit, ce n’était pas une raison pour laisser à mon frère la gérance de ton foutu corps ! Sérieusement, tu te crois au-dessus de tout le monde pour avoir fait une chose pareille ? »
Elle commence à s’énerver, à tel point que sa main osseuse crisse.
    « Je me serais fait une joie de donner ton âme en pâture a l’un de mes monstres… »
L’avènement d’un « mais » se laissait clairement entendre.
    « … mais mon frère semble être très attaché à toi, maintenant. »
Sa main se lève pour prendre place sur le poitrail de l’endormi.
    « Et je ne tiens pas à avoir fait ce séjour de six mois dans l’Outre-Monde pour rien. »
Une lueur se retrouve émise de sa dextre charnue. Elle semble irradier d’une étrange énergie, comme si elle s’apprêtait à se fondre dans le corps d’André. Quoi que, la comparaison n’est pas si fausse qu’elle n’y parait. En effet, le présent que cette Reine ramène à son légitime propriétaire se diffuse lentement dans les parcelles de chair qui, comme le ferait un puzzle, forme son corps maintenant soigné. Lentement, l’illumination trouve son terme. L’incongru personnage se redresse, reprenant sa stature droite et sans courbe.
    « Je suis Hel, rêve d’Helheim. Et aujourd’hui, pour la première fois, j’ai rendu à un humain son âme. J’espère que tu es conscient des risques et des interdits que j’ai bafoués pour toi. Tu pourras remercier mon frère, i tu es toujours en vie c’est parce qu’il a su quoi dire pour me faire céder. »
Elle tourne les talons, tâchant de reprendre une apparence qui ne choquerait pas au dehors de cette pièce. Puis, d’un coup sec et vif, elle claque des doigts.
    « Aller réveilles-toi. Et surtout ne me déçoit pas. Utilise ce cadeau convenablement. Je n’aurais pas la même indulgence envers ta personne une prochaine fois. »
Elle quitte cette enceinte murée, redevenant celle que tout le monde connaissait fut un temps comme Anja Erika Higgins. La grande déesse nordique en exil, Hel. Elle s’était rarement sentie aussi impuissante pour venir en aide à l’un de ses frères.
    « Je t’aime, Fenrir. N’oublie jamais ça grand frère. »
Enfin, l’escalier de service devient son salut. Aujourd’hui, et ce alors qu’elle n’aurait jamais cru cela possible si on le lui avait dit des années auparavant, elle a sauvé la vie d’un être humain. Non, elle a, en réalité fait bien mieux que ça. Elle a rendu la vie à un être humain. Chose qu’elle n’avait jamais fait, pas même pour répondre à la demande d’Odin le tout puissant. Son ainé devait vraiment estimé ce misérable parasite pour lui demander une telle faveur, en connaissance de cause. Même si elle avait voulu dire non, elle n’y serait pas parvenue. Il fait partie des rares choses qu’il lui reste sur cette fichue planète. Maudits sentiments. Parfois, le temps où elle ne ressentait rien de rien lui manque. Parfois seulement.


✤✤✤

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MessageSujet: Re: [Futur] "We choosen to believe in each other." Mer 29 Mai - 5:11

Chapitre 5 - Partie 1


Les Jaeger venaient de mettre un terme à l’avancée des Kaiju. Pour le moment, du moins. On pouvait souffler jusqu’à la prochaine vague, dont tout le monde se doutait de l’arrivée prochaine.
Dans la salle de pilotage, tous les pilotes se trouvaient là, serein, endormis. Ou presque. Mais cela n’avait aucune importance pour un trio, aussi peu orthodoxe que machiavélique. Tous les trois se tenaient là, à l’abri des regards dans cette salle verrouillée de l’intérieur. Mais déjà, les protestations de voix féminine se firent entendre, profitant que la conscience de ces gens ne soit pas là. Elles peuvent presque discuter en paix, présentement.
    « Franchement, pourquoi le Boss nous fait-il revenir ici alors qu’on aurait pu aller rejoindre les autres plus vite ?!
    -C’est vrai ça, on perd du temps bêtement, là. » Ronchonne l’une d’elle, pour couper court au dialogue.
Elles espèrent peut-être une réponse de leur étrange acolyte, qui se trouve présentement debout près du lit du neuvième pilote. Damian. Le corps inerte, il ne voit guère le sourire en coin de cette menace, à quelques centimètres à peine de lui. Le second jeune homme semble attendre quelque chose, mais quoi ? En attendant, en fond sonore on peut entendre les complaintes de ses « camarades », qui commencent à prodigieusement l’agacer. Il déglutit, sacrifiant quelques pans de salives pour répondre à la précédente question malvenue.
    « Nous devions agir ainsi. Peut-être que ces aller-retour ne vous conviennent pas, ils faisaient partis du plan de base. »
L’une des jumelles pestent et gonfle les joues tout en croisant les bras sous sa poitrine invisible, tandis que sa comparse sort une lime à ongle de sa poche et entame une rapide manucure, pour tromper son ennui. Les yeux du l’unité masculine s’arrête donc sur cet accessoire de beauté et il tend la main dans la direction de ce dernier. Sa légitime propriétaire ne semble pas comprendre immédiatement.
    « Quoi ? Qu’est-ce que tu veux encore ? Lâche-t-elle, de manière virulente.
    -Ta lime à ongle.
    -Et bien quoi ma lime à ongle ? répondit-elle, en insistant lourdement sur l’adjectif possessif.
    -Donnes la moi, j’en ai besoin. »
Elle resta un instant interdite avant de regarder sa sœur qui lui demandait silencieusement de coopérer, levant tout de même les yeux au ciel car faire équipe avec ce « rustre » n’était guère ce qu’elle préférait. Et cela prévalait pour son reflet. Mais il ne fallait point gaspiller le temps qu’elles avaient entre les mains pour des idioties. S’il devait avoir recours à un objet si inutile d’apparence pour mener sa mission à bien, soit. De toute façon ce n’était pas comme si quelqu’un viendrait les chercher ici, vu qu’elles ne sont même pas entrées par la porte.

Ainsi la plus mauvaise des deux demoiselles tandis avec exaspération son petit trésor à son associé et ne se gênât pas pour le mettre en garde :
    « Fais attention, c’est du métal haut de gamme, hein. C’pas une lime de supérette ordinaire. Si tu l’égratigne, tu auras affaire à moi. »
Elle aurait voulu qu’au moins il fasse semblant d’avoir peur, mais ce ne fut même pas le cas. Pestant de dédain, elle laissa sa dextre gantée rejoindre celle de sa copie naturelle, comme si ça pouvait aider à calmer son énervement soudain.

Et ce fut le cas. Elle ne put rien pu faire d’autre que d’observer, à partir de ce moment-là, ayant hâte d’aller se reposer dans son repaire, la tête commençant à lui tourner, ce qui n’était pas bon signe.

Malgré qu’elle prenne sur elle, son orgueil l’empêchait de prendre la nouvelle d’un bon œil, ce qui se comprenait aisément.
Son coéquipier, quant à lui, avait posé un genou sur le lit ou gisait le Cattran, pour prendre un appui bien meilleur au-dessus de sa cible. Abaissant un peu son buste, jusqu’à se retrouver à une dizaine de centimètre du pilote illégal, il sourit de nouveau et, d’un geste vif, fit courir la lime sur la joue de ce dernier, y créant une petite entaille. La réaction de ses pairs ne manqua pas de se faire entendre, surtout de la part de celle à qui appartenait l’artefact de soin en question.
    « NON MAIS TU FAIS QUOI LA ?!
    - Chut chut calme-toi, tu sais bien qu’il doit entailler sa victime pour que son pouvoir marche.
    -Ah… oui, c’est vrai… Mais ça justifiait d’utiliser MA lime ?!
    -Faut croire sœurette.
    -Gngngngngn. »
Faisant fi du fait que l’une des blondes fulminait avec ardeur, le concerné laissa ses yeux luire de manière à laisser son don agir. Heureusement que le 4HIT était retenu dans une brèche conçu par l’une de ses acolytes puisqu’il ne pouvait user de sa faculté que sur une personne à la fois et il avait été contraint de rendre sa liberté à l’alien le temps qu’allait durer cette petite balade de santé. Enfin, pour lui, en tout cas. Damian ne verrait certainement pas les choses sous cet angle.

Fermant ses paupières, le clone inspira fortement et se débrouilla pour connecter son esprit à celui d’October, lui injectant des souvenirs factice et un vague sentiment de peur. Tout devait se jouer ainsi, c’était le Boss qui l’avait dit.

C’était jouissif, de se sentir ainsi supérieur à une tierce personne, au point de savoir sa soumission totale à notre proche portée. Malheureusement, il ne pouvait s’amuser très longtemps avec ce guignol, des tâches plus importantes l’attendaient rapidement. Le moindre retard sur le plan risquait de mettre l’entièreté de l’entreprise audacieuse auquel il prêtait ses bras en péril, et il ne pouvait se permettre pareille folie. Ainsi, c’est à contrecœur qu’il relâcha son emprise, soupirant d’aise. Il faudrait un petit temps avant que le parasite fictif qu’il implanta sans mal dans le cerveau de cet idiot brun ne fasse effet.

En attendant la diffusion de ce germe nocif, il se redressa, regagnant sa posture initiale puis tourna les talons avant de déclarer, sur un ton si neutre que ça en devenait presque malsain :
    « Allons-y, nous avons un autre individu à mettre hors course avant de sortir d’ici. »
Le sang coulant en un fin filet de la joue du lésé ne les atteins même pas. En un claquement de doigt, les voilà sortis d’ici pour retourner dans le couloir, entamant le déclenchement interne d’une zizanie sans précédent. Un fois l’objectif attend, il est clair que l’une des deux sœurs ne se sent pas au mieux de sa forme. Sa pâleur le démontre et elle manque de tomber en se prenant les pieds l’un dans l’autre. Heureusement que sa jumelle était là.
    « Tu en a trop fait, encore une fois !
    -Nous devrions faire vite ou son état risque d’empirer ose rajouter le garçon
    -Bravo Sherlock, tu en a d’autre des déductions foireuses dans le même genre ? »
Il ne répond pas.
    « … Allez, faisons vite, je sens le Klong qui essaie de s’échapper de sa prison. Je n’arriverais plus à le contenir très longtemps si tu ne reposes pas vite ton ascendance sur lui. Je commence à fatiguer, tu sais… »
Plus un mot n’est prononcé. Le voilà ; celui qu’ils doivent éjecter de la course pour le moment.

A l’extrémité du couloir blanc, une sorte de balustrade fut construite, par soucis du bien-être des fumeurs voulant déguster un stick de goudron sans avoir à descendre tous les étages, sans doute. Peu importe. C’est pourtant bel et bien là que se trouvent un homme d’un âge avancé, proche de la soixantaine. Hyacinthe de Chateaubriand. Ses cheveux roux ont perdu de leur superbe avec les années passées ici. Non, avec les années passées tout court. Exactement de la même manière que ce fut le cas avec Robot Rock.

Il soupire, relâchant dans l’air la fumée du bâton de tabac qu’il a ressenti le besoin de s’allumer. Il ne fume jamais, d’ordinaire. Mais il faut bien faire une petite exception de temps en temps, surtout en temps de crise, comme ça. Et dire qu’il n’a rien pu faire pour aider depuis qu’il est revenu ici. C’est désolant. Enfin, lui trouve ça désolant. Mais au final peut-être qu’on n’a même pas fait attention à sa discrète présence ici. Ce ne serait pas étonnant ni même la première fois. Il ne connaissait pas très bien Robot Rock, mais en grand sensible qu’il était, à disparition si soudaine l’avait affecté également. Il avait assisté, par respect, à la crémation, mais n’était pas resté par la suite, avec le cortège d’amis proches et d’intimes. Ça n’aurait pas été correct.

Lorsqu’il avait eu vent des premiers cas de Kaiju – comment ne pas l’être avec les médias d’aujourd’hui ? – il avait immédiatement sauté dans un avion en partance de France pour revenir auprès de sa « deuxième maison », près de la Heroe’s, là où il avait vécu tant de chose, parfois malgré lui. Aujourd’hui il en riait et mieux valait agir ainsi. Pour revenir aux monstres, lorsqu’il se trouvait dans son avion, il avait pu voir l’une de ces bêtes immondes nager tranquillement en plein océan Atlantique. Heureusement, à la hauteur à laquelle il se trouvait alors, il n’aurait rien risqué –d’ailleurs, la créature ne l’avait sans doute même pas remarquée -, mais ça n’avait fait que l’alarmé d’autant plus sur l’urgence de la situation.
Et voilà qu’il servait tout juste de décoration de couloir, et encore, en étant généreux. Il soupire lourdement. Assez. Il en a plus qu’assez de se sentir exclu de tout ça. Certes, il avait quitté les États-Unis depuis pas mal de temps, et après ? Ça devait l’empêcher d’avoir de vagues relents patriotes après tout ce que ce pays avait daigné faire pour lui ? A croire qu’on le prenait pour un adolescent, incapable de prendre quoi que ce soit en charge. C’était frustrant.

Mais ses sens l’alertent sur des sons humains venant de derrière lui. Jetant sa clope vers l’extérieur, sous la pluie, il fait demi-tour, certain de tomber nez à nez avec des scientifiques qui allaient lui expliquer une énième fois que sa place n’était pas ici s’il souhaitait être utile. Tsss. Cette sensation si désagréable d’être prit pour l’incompétent qu’il n’était pas. Détestable au possible.

Sauf que.

Lorsque son œil vert se fixa sur le couloir blanc, il ne distingua pas les silhouettes d’hommes et femmes en blouses blanches, mais celles de trois individus pour le moins étrange. Un garçon et deux filles. Ils paraissaient jeunes. Que faisaient-ils ici ? Ils ne semblaient pas appartenir à un quelconque sous-section gouvernementale. Alors quoi ?
    « Hey vous… »
Il vit quelques choses fondre vers lui, lancé par le garçon. Instinctivement, il ferma les yeux et senti, une seconde plus tard, un très léger picotement sur sa joue gauche. Lorsqu’il rouvrit sa paupière libre, sa tête lui donnait la sensation de tourner, si bien qu’il du poser un genou à terre. Il porta une main sous sa pommette et fut surpris d’y trouver quelques gouttelettes vermeilles. Qu’avait fait ce singulier personnage ?

Avant même qu’il ne puisse se questionner correctement, une voix lui parvint. A la fois proche et lointaine. Une voix que malgré les années, il reconnaissait parfaitement bien.
    « Hyacinthe… »
Lysandre. Elle était là, rayonnante devant lui. Belle comme au premier jour, on aurait dit un ange. Dans ses bras, Marie, leur fille chérie. C’était insensé, irréel. Ça ne pouvait être que faux. Oui, il était impossible que ce soit véridique. Même si elles étaient vivantes, le temps aurait gravé son passage sur leurs deux unités. Alors pourquoi ? Le français ne sut quoi dire ou quoi faire ? Sa femme était si majestueuse. Son sourire… Dieu ce qu’il lui avait manqué, englouti par les appétits monstrueux de ses flammes de pyromorphe. L’enfant descendit des bras de cette Reine de son passé pour courir vers lui, à toute jambes.
    « Papa ! » fit-elle, avec un sourire immense pour lui trancher le bas du visage.
Les larmes commençaient à couler le long des deux joues de celui qui se fit auparavant appelée Spark. Les cristaux parvenaient à se frayer un chemin même sous son cache-œil. Indescriptible. La sensation qui le prenait aux entrailles était si brute et douce à la fois qu’il ne parvenait pas à mettre un mot dessus pour la désigner correctement. A la place, il tendit les bras vers sa petite princesse, presque fantomatique. Peu importait ses pensées, si sa progéniture était là, il n’y avait rien à faire à part profité de sa présence, n’est-ce pas ? Il conservait toujours la carte d’As de Piques que lui avait offert sa fille, mais pouvoir la toucher de plein fouet ne ferait que le combler d’avantage.

Il souriait, les bras tendus devant lui, alors que la petite s’engouffrait dans cet espace devant être si chaleureux. Il n’entendait pas les ricanements féminins, perdus en fond sonore, un peu plus loin dans le couloir.

Mais toute la chaleur que l’instant aurait dû lui procurer eut tôt fait de s’évanouir alors que l’apparition enfantine allait refermer ses petits bras autour de son cou d’adulte. Marie disparue brusquement. A la place, près d’Hyacinthe, quelque chose de très désagréable attendait. Une entité commençant à être lassée de sa mission.
    « Quel idiot tu fais. »
Plus vif que l’éclair et avant même d’avoir pu laisser le temps à l’ex-professeur de se relever pour voir son adversaire, il se saisit de lui par sa chevelure délavée, le releva rapidement et lui frappa violemment la tête contre le mur le plus proche, avant de le laisser retomber, raide. Une tâche de sang frais s’éparpilla sur la surface blanche alors que l’unité entière du français demeurait maintenant inerte.
    « Au revoir, Hell-come. » fit le jeune homme, sarcastique.
Voilà, son ultime but entre ces murs venait d’être accompli. Dédaigneux, il met une main dans la poche de son pantalon, fait face aux caméras de sécurité dont il n’a même pas essayé de se cacher, sourit et se baisse pour ramasser la lime à ongle métallique qu’il avait jeté vers sa proie, pour la soumettre à son horrible don. C’est inscrit dans la deadline, ils devaient se faire repérer avant de repartir.
Faisant volteface, il rejoint ses deux compatriotes et entame un très court dialogue.
    « Bien, maintenant ils vont tous paniquer. Rentrons.
    -Il était temps. » Râla la demoiselle la plus à même de tenir debout, contrairement à sa sœur.
L’individu secoua lentement la lime à ongles devant les yeux de sa légitime propriétaire à qui il tira un rictus de dégout, satisfait. Il ne l’avait pas abimée, elle pouvait en être témoin. Toutefois, cela avait touché des humains bêtes et méchants. Sans doute ne voudrait-elle plus la toucher par la suite. Nouveau sourire. Tant mieux, ça lui faisait une petite arme, comme ça. Il ne crachait pas dessus.

L’une des jumelles claqua des doigts, faisant apparaitre un portail vers une destination connu que du trio seul. Ils s’y engouffrèrent tous et disparurent, laissant le Chateaubriand se souiller dans son propre sang. L’une de ses mains parut être prise d’un sursaut. Mais était-ce vraiment le cas ? Au loin, on entend des cris. Peut-être est-il déjà trop tard.

✤✤✤

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[Futur] "We choosen to believe in each other."

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